Sur les routes de l’Ouest

Toutes les bonnes choses ont une fin — et surtout les meilleures. Voici deux petites semaines, nous revenions de notre long périple sur les routes de la côte Ouest américaine. Un roadtrip de plus de 6 000 km au compteur, armés de notre tente et de nos duvets — en bons nomades des temps modernes. De Calgary à San Francisco, de l’Alberta à la Californie, par les petites et les grandes routes, en longeant la côte sauvage, en traversant les plateaux arides, en s’égarant dans les forêts luxuriantes. Notre périple à travers l’Ouest américain en cinq étapes, seize photos et une vidéo.

Crater Lake

La route du sud nous fait traverser une partie de l’Idaho (« Famous Potatoes » selon la plaque minéralogique de ses habitants et en effet nous croisons des champs cultivés tout en ronds pour rentabiliser encore davantage l’agriculture intensive), avant de nous amener dans l’Etat de Washington (dont la portion que nous empruntons nous rappelle les prairies arides du Canada) puis de l’Oregon (où nous nous nous nous arrêtons dans de petites fermes pour acheter fruits rouges, oeufs, confitures et miel). Nous faisons notre première vraie halte à Crater Lake, qui, comme son nom l’indique, est un lac qui forme un cercle parfait, logé dans un ancien cratère de volcan. L’eau, comme le ciel, revêt un bleu profond. Le soleil se reflète sur les dernières neiges qui viennent lécher les flancs des montagnes… Comme vous pouvez les constater, le paysage est au lyrisme !

Crater Lake

Crater Lake : un cratère dans un cratère

San Francisco

Un peu plus au sud, nous franchissons une nouvelle chaîne de montagnes, les Cascades. L’air se fait soudain très sec et la température grimpe à plus de 40°C — pas de doute, nous voilà en Californie. Lorsque nous atteignons San Francisco, la ville a beau être parée dans son atmosphère embrumée, l’ambiance est toute aussi chaude. C’est que nous arrivons le weekend de la Gay Pride, dans la ville américaine où s’est construit le mouvement homosexuel et l’affirmation des droits civiques dans l’Amérique des années 1970. Dans la parade, des pompiers et des policiers façon YMCA, des hommes nus, des reines de beauté dont on est pas très sûr du genre, mais aussi des élus, des mères qui soutiennent leurs enfants (gays), des associations de toute sorte. On ne pouvait rêver mieux comme accueil !

San Francisco est une ville qui nous paraît délicieusement méditerranéenne, avec ses couleurs chaudes et ses terrasses où se mêlent touristes et locaux. Une ville atypique aux Etats-Unis : on peut laisser la voiture au parking et circuler à pied, à vélo, en bus, en trolley — ou même en cable car, ces fameux tramways tractés par un câble enterré qui remontent les pentes infernales de SF. On a même essayé le ferry pour visiter la baie !

Les pentes de San Francisco n’ont rien d’une légende pour nos petits mollets en vacances !

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Aïda empruntant la cable car comme il se doit : sur le marche-pied

San Francisco embrumée

Quand San Francisco s’embrume… on n’aperçoit plus la maison bleue accrochée à la colline !

Etape obligée du touriste à San Francisco : la traversée à pied du fameux Goldent Gate Bridge !

Etape obligée du touriste à San Francisco : la traversée à pied du fameux Goldent Gate Bridge !

Google

La Sillicon Valley, autre étape obligée (pour les geeks) — ici au siège de Google, avant d’enchaîner avec Apple et Facebook.

La côte sauvage

En quittant la San Francisco, nous prenons la route du Nord, qui passe à travers les réputées vallées des vins, Napa et Sonoma. Pour être francs, nous sommes un peu déçu par l’artificialité des lieux. Bref, nous sautons la case  vignoble et fonçons vers la côte retrouver un peu d’authenticité. Les labyrinthiques routes en lacets (par deux fois nous tombons sur des cul-de-sacs !) finissent par déboucher sur l’océan et sa mythique route California 1. On est loin des longues plages de sable du sud de la Californie : ici la côte est plutôt accidentée et rocailleuse. Les falaises se jettent dans la mer, dans laquelle se prélassent des otaries — mais point de surfeurs.

Le matin du 4 juillet, nous arrivons dans la jolie petite bourgade de Mendocino, qui a servi de décor à de nombreux films — dont A l’est d’Eden d’Elia Kazan. Les Américains sont surexcités : forcément, c’est jour de fête nationale ! Peu à peu, la ville se remplit de visiteurs, les barbecues s’allument, les drapeaux sont distribués, et, à midi, la parade peut commencer. Elle est ouverte par les policiers et les pompiers, acclamés en héros du quotidien. Puis viennent des associations locales soutenant diverses causes (plusieurs sont en défense de la nature et pour la légalisation du cannabis, forcément on est en Californie). Le tout est entrecoupé de chars des commerçants locaux, façon pause publicitaire.

Mythique route California 1

Mythique route California 1

Ambiance de kermesse pour le 4 juillet

Ambiance de kermesse pour le 4 juillet

Aïda sur le camion pompier après la parade

Aïda, sur le camion de pompier après la parade

Redwood Forest

Un peu plus au Nord, nous arrivons dans la Redwood Forest, peuplée de séquoias parmi les plus hauts du monde et dont certains seraient millénaires. On se sent tout petit au milieu de cette nature. Une étape vraiment marquante qui reste l’un des souvenirs les plus mémorables de notre roadtrip.

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On ne sait plus si c’est nous qui sommes trop petits ou les arbres trop grands !

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Au milieu de ces gigantesques troncs, on s’attend à voir débarquer à tout moment un T-Rex ! (Mais apercevez-vous la minuscule Aïda qui se cache dans ce paysage ?)

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Pas de doute, c’est du costaud !

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Aïda : « je vois bien un parcours d’accrobranche là-haut… »

Portland

Portland, Orégon, sera notre dernière étape dans notre roadtrip dans l’Ouest américain. On avait entendu beaucoup de choses sur cette ville qui cultive les particularismes en Amérique du Nord. Célèbre pour son immense librairie, ses brasseries de bières locales, ses habitants qui se déplacent à vélo, son système de transports en commun, son esprit contestataire… et sa population hipster. Celle-ci est d’ailleurs drôlissimement croquée dans la série Portlandia — premier épisode ci-dessous. (Détail intéressant : quelques jours après notre retour à Calgary, le Calgary Herald publiera une chronique comparant Portland et Calgary.)

Dans le centre ville, rollers et skateboards ont même leur voie séparée !

Dans le centre ville, rollers et skateboards ont même leur voie séparée !

Portland, autoproclamée capitale américaine du vélo

Portland, autoproclamée capitale américaine du vélo

Sur la route du retour

Sur la route du retour, nous nous arrêtons une dernière fois dans les gorges du Columbia… De l’autre côté du fleuve nous attend l’Etat de Washington, puis l’Idaho.. avant de retrouver le Canada !

 

 

  1. De très belles photos et un parcours bien complet. Pas trop dur le vélo à San Francisco avec les rues pentues? ;)

    Violaine

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