Tour of Alberta

Posted in Alberta, Sports on septembre 9th, 2013 by Aïda – 1 Comment

La semaine dernière s’est déroulée une première en Alberta: le Tour d’Alberta – ouvertement inspiré du Tour de France. D’ailleurs, pour montrer le sérieux et la crédibilité de la course, organisateurs et médias ne cessaient de souligner que six équipes avaient participé au Tour de France cette année.

swifty

Swifty the Fox est la mascotte du tour. Le Swift Fox (Renard Rapide) est une espèce de renard que l’on croyait disparu. On ne pouvait trouver meilleure métaphore…

Du 3 au 8 septembre, les médias en parlaient tous les jours, depuis la matinale jusqu’aux journaux écrits. Le Tour d’Alberta a duré six jours et couvert plus de 850 km sur les routes albertaines, des prairies aux Rocheuses. Le départ de la course s’est effectué à Edmonton (la capitale de la province) et l’arrivée à Calgary.

Le Tour d’Alberta a son propre site internet si vous voulez y faire un tour (d’Internet) : http://tourofalberta.ca.

Pour ce premier tour, le gagnant fut un Australien !

Benjamin et moi aurions bien voulu assister à l’arrivée dans le Downtown mais nous sommes arrivés trop tôt – dans les rues, pas un indice ne laissait supposer l’arrivée du tour quelques heures plus tard – puis trop tard – le tour était déjà passé… Promis, l’année prochaine on essaiera de faire mieux!

Sur les routes de l’Ouest

Posted in Etats-Unis, Vacances on juillet 29th, 2013 by Aïda et Benjamin – 1 Comment

Toutes les bonnes choses ont une fin — et surtout les meilleures. Voici deux petites semaines, nous revenions de notre long périple sur les routes de la côte Ouest américaine. Un roadtrip de plus de 6 000 km au compteur, armés de notre tente et de nos duvets — en bons nomades des temps modernes. De Calgary à San Francisco, de l’Alberta à la Californie, par les petites et les grandes routes, en longeant la côte sauvage, en traversant les plateaux arides, en s’égarant dans les forêts luxuriantes. Notre périple à travers l’Ouest américain en cinq étapes, seize photos et une vidéo.

Crater Lake

La route du sud nous fait traverser une partie de l’Idaho (« Famous Potatoes » selon la plaque minéralogique de ses habitants et en effet nous croisons des champs cultivés tout en ronds pour rentabiliser encore davantage l’agriculture intensive), avant de nous amener dans l’Etat de Washington (dont la portion que nous empruntons nous rappelle les prairies arides du Canada) puis de l’Oregon (où nous nous nous nous arrêtons dans de petites fermes pour acheter fruits rouges, oeufs, confitures et miel). Nous faisons notre première vraie halte à Crater Lake, qui, comme son nom l’indique, est un lac qui forme un cercle parfait, logé dans un ancien cratère de volcan. L’eau, comme le ciel, revêt un bleu profond. Le soleil se reflète sur les dernières neiges qui viennent lécher les flancs des montagnes… Comme vous pouvez les constater, le paysage est au lyrisme !

Crater Lake

Crater Lake : un cratère dans un cratère

San Francisco

Un peu plus au sud, nous franchissons une nouvelle chaîne de montagnes, les Cascades. L’air se fait soudain très sec et la température grimpe à plus de 40°C — pas de doute, nous voilà en Californie. Lorsque nous atteignons San Francisco, la ville a beau être parée dans son atmosphère embrumée, l’ambiance est toute aussi chaude. C’est que nous arrivons le weekend de la Gay Pride, dans la ville américaine où s’est construit le mouvement homosexuel et l’affirmation des droits civiques dans l’Amérique des années 1970. Dans la parade, des pompiers et des policiers façon YMCA, des hommes nus, des reines de beauté dont on est pas très sûr du genre, mais aussi des élus, des mères qui soutiennent leurs enfants (gays), des associations de toute sorte. On ne pouvait rêver mieux comme accueil !

San Francisco est une ville qui nous paraît délicieusement méditerranéenne, avec ses couleurs chaudes et ses terrasses où se mêlent touristes et locaux. Une ville atypique aux Etats-Unis : on peut laisser la voiture au parking et circuler à pied, à vélo, en bus, en trolley — ou même en cable car, ces fameux tramways tractés par un câble enterré qui remontent les pentes infernales de SF. On a même essayé le ferry pour visiter la baie !

Les pentes de San Francisco n’ont rien d’une légende pour nos petits mollets en vacances !

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Aïda empruntant la cable car comme il se doit : sur le marche-pied

San Francisco embrumée

Quand San Francisco s’embrume… on n’aperçoit plus la maison bleue accrochée à la colline !

Etape obligée du touriste à San Francisco : la traversée à pied du fameux Goldent Gate Bridge !

Etape obligée du touriste à San Francisco : la traversée à pied du fameux Goldent Gate Bridge !

Google

La Sillicon Valley, autre étape obligée (pour les geeks) — ici au siège de Google, avant d’enchaîner avec Apple et Facebook.

La côte sauvage

En quittant la San Francisco, nous prenons la route du Nord, qui passe à travers les réputées vallées des vins, Napa et Sonoma. Pour être francs, nous sommes un peu déçu par l’artificialité des lieux. Bref, nous sautons la case  vignoble et fonçons vers la côte retrouver un peu d’authenticité. Les labyrinthiques routes en lacets (par deux fois nous tombons sur des cul-de-sacs !) finissent par déboucher sur l’océan et sa mythique route California 1. On est loin des longues plages de sable du sud de la Californie : ici la côte est plutôt accidentée et rocailleuse. Les falaises se jettent dans la mer, dans laquelle se prélassent des otaries — mais point de surfeurs.

Le matin du 4 juillet, nous arrivons dans la jolie petite bourgade de Mendocino, qui a servi de décor à de nombreux films — dont A l’est d’Eden d’Elia Kazan. Les Américains sont surexcités : forcément, c’est jour de fête nationale ! Peu à peu, la ville se remplit de visiteurs, les barbecues s’allument, les drapeaux sont distribués, et, à midi, la parade peut commencer. Elle est ouverte par les policiers et les pompiers, acclamés en héros du quotidien. Puis viennent des associations locales soutenant diverses causes (plusieurs sont en défense de la nature et pour la légalisation du cannabis, forcément on est en Californie). Le tout est entrecoupé de chars des commerçants locaux, façon pause publicitaire.

Mythique route California 1

Mythique route California 1

Ambiance de kermesse pour le 4 juillet

Ambiance de kermesse pour le 4 juillet

Aïda sur le camion pompier après la parade

Aïda, sur le camion de pompier après la parade

Redwood Forest

Un peu plus au Nord, nous arrivons dans la Redwood Forest, peuplée de séquoias parmi les plus hauts du monde et dont certains seraient millénaires. On se sent tout petit au milieu de cette nature. Une étape vraiment marquante qui reste l’un des souvenirs les plus mémorables de notre roadtrip.

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On ne sait plus si c’est nous qui sommes trop petits ou les arbres trop grands !

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Au milieu de ces gigantesques troncs, on s’attend à voir débarquer à tout moment un T-Rex ! (Mais apercevez-vous la minuscule Aïda qui se cache dans ce paysage ?)

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Pas de doute, c’est du costaud !

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Aïda : « je vois bien un parcours d’accrobranche là-haut… »

Portland

Portland, Orégon, sera notre dernière étape dans notre roadtrip dans l’Ouest américain. On avait entendu beaucoup de choses sur cette ville qui cultive les particularismes en Amérique du Nord. Célèbre pour son immense librairie, ses brasseries de bières locales, ses habitants qui se déplacent à vélo, son système de transports en commun, son esprit contestataire… et sa population hipster. Celle-ci est d’ailleurs drôlissimement croquée dans la série Portlandia — premier épisode ci-dessous. (Détail intéressant : quelques jours après notre retour à Calgary, le Calgary Herald publiera une chronique comparant Portland et Calgary.)

Dans le centre ville, rollers et skateboards ont même leur voie séparée !

Dans le centre ville, rollers et skateboards ont même leur voie séparée !

Portland, autoproclamée capitale américaine du vélo

Portland, autoproclamée capitale américaine du vélo

Sur la route du retour

Sur la route du retour, nous nous arrêtons une dernière fois dans les gorges du Columbia… De l’autre côté du fleuve nous attend l’Etat de Washington, puis l’Idaho.. avant de retrouver le Canada !

 

 

Les pieds dans l’eau, le coeur au chaud

Posted in Calgary, Météo on juin 25th, 2013 by Aïda et Benjamin – 3 Comments

Depuis quelques semaines flottait dans l’air de Calgary une odeur de vacances: retour des beaux jours,  ouverture des terrasses, lancement de la saison des barbecues… Mais c’était sans compter avec le mois de juin, aussi surnommé le mois de la mousson. Un mois de juin dont les excès ont relégué aux oubliettes les inondations de 2005.

Après un hiver long et neigeux, le printemps était arrivé. En Alberta, le printemps commence toujours par une sécheresse. En mai dernier, une interdiction formelle de faire des feux avait même été décrétée pour empêcher les broussailles et l’herbe sèche des collines de s’enflammer. Après la sécheresse, le printemps se fait tropical : le mois de juin apporte son lot d’humidité. En moins de deux semaines les paysages se trouvent transfigurés et explosent de verdure. Et la semaine dernière, la ville se préparait déjà à recevoir l’été, qui s’ouvre chaque année par le Stampede – un des plus grand spectacle et concours de rodéo en Amérique du Nord.

Il est habituel que le niveau de la rivière Bow soit toujours très élevé en cette période de l’année du fait de la fonte des glaces en amont et des violentes pluies de montagne. Mais cette année, le mois de juin a décidé de faire des siennes et de pousser les limites du lit du Bow, pour voir un peu ce qui allait se passer.

Le jeudi matin, les informations matinales signalaient de violentes inondations à Banff et Canmore, deux villes de montagne en amont de la rivière. Le jeudi après-midi, c’était le branle-bas de combat à Calgary: les inondations allaient toucher la ville.

Pour nous tenir au courant des dernières nouvelles, les « réseaux sociaux » (comme Twitter et Facebook) nous ont été précieux. En effet, les sites officiels de la ville et de la police de Calgary ont vite été saturés et il était impossible d’accéder aux cartes des évacuations révisées toutes les heures, alors que, sur Twitter, le mot clé #yycflood permettait d’avoir toutes les informations en temps réel (en particulier celles de la ville de Calgary et de la Police). Nous pouvions même connaître les endroits où l’eau montait le plus vite, photos des internautes à l’appui.

Jeudi soir : le Bow monte de manière inquiétante

Jeudi soir : le Bow monte de manière inquiétante

Jeudi après-midi, six quartiers de Calgary devaient être évacués immédiatement. Le jeudi soir, à 19h, c’était six autres quartiers qui étaient ajoutés à la zone d’évacuation… dont la partie Est de Sunnyside, notre quartier. Un peu plus tard, Hillhurst, l’autre quartier qui nous borde à l’ouest était concerné à son tour. La suite n’est qu’une histoire d’une grosse tenaille qui n’a eu de cesse de se refermer sur le bloc où nous habitons. En allant nous coucher un peu après 23h, nous ne nous doutions pas vraiment que c’était notre tour, et qu’il nous fallait partir aussi. Alors que nous venions de finir de voir Ascenseur pour l’échafaud avec Belgacem et que nous étions couché depuis une demi-heure, Nic et Josh – deux amis habitant à un bloc de nous – sont venus sonner à notre porte pour nous annoncer l’évacuation imminente de Sunnyside au complet…  Les duvets, les tapis de sols, les habits, tout était prêt dans la voiture. Direction Grant, qui nous accueille pour la nuit.

Le vendredi matin, le Bow, d’habitude aux alentours de 170 m3 par seconde en cette période de fonte des neiges affichait une furie de plus de 700 m3 par seconde. Sur l’Elbow, affluent du Bow dans une vallée encaissée, la situation n’était guère mieux. Pire : le barrage construit sur le Glenmore pour alimenter Calgary en eau potable débordait de toute part. Cette situation ne nous a pas dissuadé de retourner chez nous pour vérifier l’état de l’immeuble (les pieds toujours au sec) puis d’enfourcher nos vélos sous la pluie battante pendant trois heures pour explorer cette ville en état d’urgence, sur des sentiers que nous connaissions biens mais qui nous paraissaient comme inconnus. Alors que les piétons sont chose rare à Calgary, des centaines de badauds aussi curieux que nous sont sortis braver la pluie battante et le sentiment d’urgence pour redécouvrir leur ville et ses paysages inondés. Au centre du Bow, l’Ile de Prince Island est complètement submergée ;  Chinatown et Eau Claire sont uniquement accessibles en canoé ; au nord de son lit, le Bow déborde par grosses vagues sur Memorial Drive, inondant à son tour l’est de Sunnyside. Le Stampede ground, qui accueille tous les ans le fameux Stampede, une grande part de l’identité Calgarienne, est complètement noyé sous l’eau. En son cœur, le Scotiabank Saddledome qui héberge les Calgary Flames, l’équipe de hockey de la ville, est a pris l’eau jusqu’au 10e gradin… Au zoo, les hippopotames se sont échappés de leur cage et errent dans les immenses marécages. Un paon est mort – apparemment par noyade – et les tigres n’ont du leur salut qu’à leur déplacement à la Cour de Justice.

Prince Island a été engloutie par le Bow

Prince Island a été complètement engloutie par le Bow.

Le Bow déborde massivement sur ses rives.

Le Bow déborde abondamment sur ses rives — vu ici de Sunnyside.

La partie est de Sunnyside a les pieds dans l'eau.

La partie est de Sunnyside a les pieds dans l’eau.

Sur Memorial drive, une truite de 30 cm gît...

Sur Memorial drive, une truite de 30 cm gît…

La ville est en apnée économique : le downtown et ses bureaux sont fermés jusqu’au milieu de la semaine suivante. L’Université de Calgary est également fermée aux étudiants et employés pour accueillir les réfugiés ainsi que les opérations de secours. Les principaux axes de circulation sont soit très encombrés soit fermés à la circulation. Certains magasins du sud de la ville sont pris d’assaut par crainte de pénurie d’eau. En fait, il règne sur la ville un sentiment d’urgence : les survols des hélicoptères (parfois équipés d’un mégaphone pour demander l’évacuation de certaines zones) et les sirènes des pompiers et policiers sont incessantes. Près de 100 000 personnes ont évacué leur logement, sur une population d’un peu plus d’un million. Mais bizarrement, notent les médias, les centres d’accueil restent massivement sous-occupés. C’est que la solidarité canadienne a joué à plein régime et la grande majorité des Calgariens a trouvé refuge chez des amis sur les hauteurs de la ville.

D’ailleurs, c’est également notre cas : en effet nous n’avions que l’embarras quant au choix du toit pour la nuit. A peine notre quartier en zone d’évacuation, une dizaines d’amis nous proposaient spontanément de passer la nuit chez eux. Ce sera chez Grant que nous passerons notre première nuit de naufragés, puis chez Eric.

Cette expérience nous a donné à voir l’efficacité des politiques canadiens et la solidarité incroyable qui unit les Canadiens en général. Dès le premier jour des inondations, le premier ministre du Canada, Stephen Harper – qui a fait avec plus ou moins de succès son doctorat à l’université de Calgary – s’est rendu dans la ville accompagné d’Alison Redford (Première Ministre de l’Alberta) et de Mayor Nenshi. Un survol d’hélicoptère plus tard (ou presque), le gouvernement provincial annonçait un fonds d’un milliard de dollars à distribuer immédiatement aux Calgariens les plus affectés ; les militaires étaient réquisitionnés pour secourir, déblayer et pomper. Un plan de reconstruction sur dix ans — oui, apparemment certains dégâts ne pourraient pas être réparés avant des années, cela m’étonne aussi — était également annoncé.

Avant de revenir dans notre chez nous, nous devons passer au centre communautaire faire un check-in avec des militaires avec un chapeau étrange. Chanceux, notre bâtiment n'aura connu ni inondation, ni coupure d'électricité.

Avant de revenir dans notre chez nous, nous devons passer au centre communautaire faire un check-in avec des militaires affublés d’étranges chapeaux. Chanceux, notre bâtiment n’aura connu ni inondation, ni coupure d’électricité.

Côté solidarité, Mayor Nenshi a lancé ce lundi un appel au bénévolat aux habitants de Calgary. La ville avait besoin de 600 personnes pour aider les évacués à retourner chez eux ; près du double se sont présentées. Sur les réseaux sociaux, différentes organisations qui avaient également appelé au bénévolat, informaient qu’ils avaient suffisamment de bénévoles et que ce n’était plus la peine de proposer son aide. Quant aux dons en nature, plusieurs organismes informaient pendant le weekend qu’ils n’avaient plus de place de nouveaux dans leurs locaux pour stocker couvertures, habits et autres denrées non périssables.

Mais remettons les évènements en perspective. Calgary a certes été touchée de façon exceptionnelle par les inondations. Mais à Canmore, High River, ainsi que dans certaines communautés de Premières Nations comme Siksika, au sud-est de Calgary, les inondations ont fait encore plus de ravages et pris des vies humaines. Ce même weekend, des inondations en Inde faisaient plusieurs milliers de morts. Nos caves inondées et coupures d’électricité paraissent bien ridicules en regard.

Je pique a Dr. Caso cette photo trouvée sur Twitter. A Siksika, les Premières Nations regarde leur communauté engloutie.

Je pique a Dr. Caso cette photo trouvée sur Twitter. A Siksika, les Premières Nations regardent leur communauté engloutie.

 

Deux poids, deux mesures

Posted in Acclimatation, Non classé on mai 7th, 2013 by Aïda – 7 Comments

Quel est le point commun entre faire la cuisine, calculer la surface d’une plaque de plexiglass, acheter des légumes en vrac, la météo, réserver des skis et s’acheter des vêtements ? Réponse… Jongler avec les mesures ! Bien que le Canada soit officiellement aligné sur le système métrique, dans l’ouest du Canada, et particulièrement à Calgary, le système impérial vient compliquer notre intégration…

Depuis que je suis au Canada, je me suis mise à cuisiner : d’une part pour ne pas manger que des plats aux goûts caricaturés — trop gras, trop sucrés, trop salés. D’autre part parce que nous avons une grande cuisine. Mais dans ma tambouille, je dois jongler avec les mesures… Pas de verre doseur avec grammes pour le sucre, la farine et autres pondéreux… A la place, il y a des « cups », autrement dit, des tasses. En effet, quand on cuisine en Amérique du Nord, on est pragmatique ! Quand on y pense, est-il plus pratique de peser les ingrédients ou de les mesurer en volume à travers des contenants qui tombent sous la main ? Ainsi, je dois convertir mes grammes en tasses de farine, en cuillères à soupe de sucre, ou en cuillère à café à de levure…

Pour les nouvelles recettes, ça facilite la tâche. Enfin… en théorie ! Car en pratique, les mesures sont maintenant standardisées : une « cup » a un volume normalisé et contient 16 cuillères à soupe ; une cuillère à soupe équivaut à trois cuillère à café (enfin, cuillère à thé…) ! Donc, au final, on doit tout de même être équipé des contenants homologués… Ce qui ne m’empêche d’y aller souvent au petit bonheur la chance ! La bonne nouvelle toutefois, c’est qu’un œuf métrique équivaut bien à un œuf Nord-Américain! Par contre, au moment d’enfourner, il ne faut pas oublier de convertir les Celsius en Fahrenheit!

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Le set de cuillères. A gauche, la tablespoon (cuillère à soupe, traduite en anglais par cuillère de table). En position n°3, la cuillère à café (ou teaspoon, traduite par cuillère à thé). En position n°2 et n°4, les demi-cuillères à café et à soupe.

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La cup — plusieurs cups font une pint

La jongle des unités se retrouve dans le bricolage. Pour une surface de plexiglass, une longueur de vis ou une planche de bois, il faut noter les mesures en système métrique mais également en système impérial (inch — pouce — et feet — pieds). En effet, dans les magasins, on trouve les deux écoles. Certains vendeurs sont à l’aise en mètres, d’autres (plus nombreux) ne connaissent que les mesures américaines. Au fait, si vous vous demandez pourquoi nous sommes à la recherche de plexiglass et de vis, votre curiosité sera bientôt satisfaite. Par contre, pour les surfaces des habitations, c’est uniquement en pieds carrés ! Mais là, bonheur !, c’est plutôt simple à convertir : 900 pieds-carrés (superficie de notre chez-nous) font grosso-modo un peu moins de 90 m2.

Daniel et André, deux hommes, deux systèmes... Pour l'anecdote savez-vous que lorsqu'il fait -40°Celsius et bien il fait aussi -40° Fahrenheit? Il n'a pas encore fait aussi froid ici donc on a pas pu vraiment tester... Mais on vous dira si on ressent une différence (#humour_absurde)

Daniel et André, deux hommes, deux systèmes… Pour l’anecdote savez-vous que lorsqu’il fait -40°Celsius et bien il fait aussi -40° Fahrenheit ? Il n’a pas encore fait aussi froid ici donc on n’a pas pu vraiment tester… Mais on vous dira si on ressent une différence (#humour_absurde)

De même, pour nos emplettes, on n’a pas le choix. Les légumes et fruits en vrac sont en pounds (livres) et non pas en kilogrammes. Alors forcément, au début en voyant les prix affichés, nous pensions que les primeurs étaient bon marché… une livre équivalant à 453 grammes. Mais en fait c’est juste deux fois plus cher. Et la frayeur fut grande lorsque je me suis pesée dans une salle de sport : plus du double du poids habituel… ha oui, c’est vrai, l’étalon de mesure est en livres.

Mais pour les chaussures, c’est l’inverse : je rétrécis car le 38 se transformes en 7 1/2 féminin — et oui, car il existe un 7 1/2 différent pour les hommes. Quant aux vêtement, je suis toujours à la recherche de l’équivalent américain. Pour être honnête, j’ai l’impression qu’il ne s’agit pas uniquement de problème de conversion de taille mais également de morphologies… Il m’a fallut faire plus de cinq magasins avant de trouver un jean qui m’aille… Argh !

Calgary, village global

Posted in Calgary, En vidéo on avril 18th, 2013 by Benjamin – Be the first to comment

Le Calgary Economic Development vient juste de dévoiler sa nouvelle vidéo pour promouvoir la ville et bousculer un peu son image. Le message est clair : adieux vaches, stetsons et rodéo — Calgary n’est plus Cowtown. Elle est dorénavant une ville jeune, raffinée et… globale.

Bon alors non, les cyclistes ne font pas spontanément coucou en vous voyant. En vrai les habitants n’ont pas tous l’air sortis du magazine Vogue, ils ne conduisent pas tous des décapotables hors de prix — et, surtout, ils sont un peu plus bariolés. Et il me semble aussi que le skateboard est prohibé en nombre d’endroits du Downtown, tout comme le funambulisme dans les parcs que l’on voit à 6″.

Il n’empêche, le film reprend pas mal d’éléments qui font réellement l’identité de Calgary… du moins en été ! Le rafting sur le Bow en plein milieu de la ville, la pêche à la mouche, les parcs qui donnent sur le Downtown, les représentations de théâtre (gratuites !) dans les parcs, les ballades en vélo sur les centaines de km de pistes cyclables que compte la ville, le Calgary Olympic Park où l’on fait de la tyrolienne en été et du ski en hiver, tout ça, ça fait vraiment partie de Calgary. Et oui, on voit vraiment les montagnes au loin depuis la ville. Et en hiver les Calgariens sortent tous patiner sur une immense patinoire sur un lagon gelé du Bow en plein centre ville.

Il n’empêche aussi, Calgary est une ville extrêmement jeune, avec une moyenne d’âge de 35 ans. Son université — que l’on aperçoit d’ailleurs à 1’41 » — accueille plus de 30 000 étudiants (dont une que vous connaissez :) et 5 000 employés (dont un que vous connaissez :). Ce qui en fait une ville dynamique où la culture est en pleine expansion.

Si Calgary avait un motto, ce serait « Work hard, play hard ! » Du travail, il y en a plus que de travailleurs qualifiés. Quant aux loisirs, si l’on aime le sport et les grands espaces, on est pas loin du paradis. Voilà, Calgary c’est un peu cette ville taillée pour l’homme moderne, sans vraiment d’histoire, dont même l’âme pourrait prêter à discussion, mais qui offre indéniablement un cadre de vie agréable. Bref, pas étonnant que Calgary vienne juste d’être élue meilleure ville où vivre au Canada… et où élever ses enfants.

(Pour la petite histoire, le Calgary Economic Development a été notre premier contact avec la ville de Calgary, alors que nous étions encore à Paris, au salon Polutech édition 2011. C’est là qu’un Calgarien fraîchement arrivé de Pologne nous a vendu la ville et ses « 335 jours de soleil par an ». Pour être franc, on est peut-être pas loin des 300, mais le compte n’y est pas hein. Bon, je dois bien avouer que ça change quand même de Paris.)

Mon petit écosystème dans sa bouteille

Posted in Do it yourself, Expériences botaniques, Main (plus ou moins) verte on avril 3rd, 2013 by Benjamin – 7 Comments

Un jour de 1960, le jeune David Latimer, un Britannique résidant dans le Surrey, décida de mettre dans une grosse bouteille un peu de terre, du composte, quelques graines et arrosa le tout d’un peu d’eau pour la forme. Il scella la chose et attendit de voir le résultat. En 1972, il décida de rouvrir la bouteille pour y remettre un peu d’eau. Et depuis, plus rien. Ou plutôt si, cette photo prise en 2013 :

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Je suis tombé sur cette histoire il y a quelques mois sur Internet. Et un beau jour de février 2013, je me suis mis en quête d’une bouteille assez grande pour contenir un peu de terre, quelques plants et un peu d’eau. Le 10 mars 2013, je fermais le bouchon en liège de la bouteille d’un bon coup de marteau. La suite en photos.

La bouteille vide a été dégotée chez un brocanteur pour $3 — et servait jusque là de barrique à vin.

La bouteille vide a été dégotée chez un brocanteur pour $3 — et servait jusque là de barrique à vin.

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Opération rempotage sur la table de la cuisine par un long soir d’hiver. J’ai choisi deux types de plantes un peu au hasard : de la fougère parce que ça me paraissait une espèce résistante et une autre plante dont je ne me souviens plus le nom mais avec de jolies fleurs.

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La bouteille, quelques jours après le scellage officiel de la bouteille début mars (j’avais mis un peu trop d’eau au début du projet, j’ai donc du attendre quelques semaines qu’un peu d’eau s’évapore avant de fermer la bouteille). Notez qu’une partie des fougères n’a pas vraiment prise et commence à se décomposer doucement.

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La bouteille, trônant fièrement dans l’entrée ensoleillée de notre petit chez-nous, aux côtés des galets ramenés des plages de Colombie-Britannique.

Comment ça marche ? Eh bien, comme dirait l’autre Lavoisier, d’une manière fort simple : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». En journée, les plantes sont en mode photosynthèse : sous l’action du soleil, elles absorbent le dioxyde de carbone et la vapeur d’eau contenus dans la bouteille et les combinent pour participer au développement de la plante tout en rejetant de l’oxygène. La nuit, c’est l’inverse : la plante respire, elle absorbe l’oxygène et rejette de l’eau et du CO2. Ainsi, le seul apport extérieur est contenu dans l’énergie du soleil, tous les autres éléments étant recyclés au fur et à mesure. (Notez au passage que le petit écosystème produit la nuit ses propres gaz à effet de serre — du CO2 mais aussi de l’eau — qui échauffent ainsi la température dans la bouteille aux premiers rayons de soleil.)

J’avais réfléchi au début à y inclure quelques habitants, histoire de rendre ce petit écosystème un peu plus vivant. Mais bon, un couple d’escargot  se serait sûrement régalé des plantes et une chenille se serait sentie bien à l’étroit une fois devenue papillon. Restait le Gaston le lombric, mais je n’ai pas réussi à en trouver dans la jardinerie où j’ai mes habitudes. Et il se serait sûrement senti bien seul. J’avais donc abandonné l’idée quand je me suis aperçu un jour que des passagers clandestins s’étaient discrètement glissés dans la bouteille avant son bouchonage. Sûrement issus du compost que j’avais ajouté pour mieux fertiliser la terre, une nuée de petits insectes s’envolent affolés à chaque fois que je mets la bouteille au soleil.

Un mois et demi après leur transplantation, la majorité des plantes se sont faites rapidement à leur nouvel habitat en vase clos et ont développé un solide système de racines. Seule une petite partie n’a pas survécu et se décompose lentement au fond — en majorité des fougères — fournissant aux survivantes du matériel nutritif supplémentaire. Dure loi de la nature.

Rendez-vous dans quelques mois pour la suite des aventures.

Ps : les chimistes et autres agronomes dans la salle sont tout à fait encouragés à ramener leur science dans les commentaires

Sports d’hiver, sports divers

Posted in Acclimatation, En photos, Sports on mars 17th, 2013 by Aïda – Be the first to comment

Il y a un mois, Calgary célébrait le 25ème anniversaire des Jeux Olympiques d’hiver de 1988. Une bonne occasion de vous raconter notre première saison de sports d’hiver (et divers) à Calgary.

Connaissez-vous Hidy et Howdy? Ce sont les deux mascottes des Jeux Olympiques de 1988 : deux ours polaires en habit de cow-boy! Le cliché jusqu’au bout du Stetson.

Pour les 25 ans, Calgary s’est beaucoup mobilisé pour redonner vie à l’évènement olympique. Chaque jour, les médias retraçaient la journée olympique d’il y a 25 ans et de nombreuses célébrations ont eu lieu, y compris à l’université. Les Jeux Olympiques de 1988 ont laissé leur empreinte dans la ville et ses environs. Par exemple, le réseau du tramway a été agrandi juste avant les Jeux. La principale place du centre ville où se déroule les animations et évènements publics — comme la Nuit Blanche ou plus récemment le Festival des sucres — se nomme « Olympic Plaza » et fut construite, comme son nom l’indique, pour accueillir la remise des médailles. Enfin, de nombreuses infrastructures sportives, depuis l’Olympic Oval sur le campus de l’Université de Calgary (patinoire) jusqu’au Canada Olympic Park — perché sur sa colline, et que l’on salue à chaque fois que nous prenons le chemin des montagnes.

Les vieux tramways de Calgary portent encore, 25 ans après, les stigmates des JO.

De notre côté, nous avons célébré ces 25 ans en regardant à nouveau le mythique Cool Running (Rasta Rocket en Français, l’histoire de la première équipe jamaïcaine de bobsleigh) autour d’un nachos jamaïcain (sic). Si, si, souvenez-vous (ou regardez ci-dessous) l’histoire se passe à Calgary — d’ailleurs ce passage n’est pas sans rappeller notre propre arrivée à Calgary…

Voilà à quoi ressemble un nachos Jamaïcain — aux couleurs du drapeau éponyme! Pour la recette, contacter Benachos!

Calgary est donc une ville de sports d’hiver. Et en bons Calgariens, nous avons adopté la Calgary attitude. Petit récapitulatif de nos prouesses sportives.

A Noël dernier, répondant à nos souhaits, la nouvelle année est arrivée avec un beau cadeau pour nous : deux belles paires de ski de fond et tout leur nécessaire. Youpi ! Nous étions parés pour devenir des « cross-country skaters » — technique de ski de fond utilisée pour le biathlon et autre combiné Nordique auquel Benjamin m’a convertie l’hiver dernier. Après quelques belles chutes, une paire de lunette amochée et un ski de location cassé en deux, je suis parvenue à dompter bâtons et skis, et à prendre du plaisir à me défoncer sur les pistes. Cet hiver, c’est donc direction Canmore une à deux fois par mois. Nous skions au Nordic Center, un complexe construit pour accueillir les compétitions de biathlon et autre épreuves de ski de fond des JO. Au menu, de 15 à 20 km de parcours au milieu des pins et des montagnes, généralement sous un ciel bleu azur.

Professeur Benjamin sur sa nouvelle paire de ski de fond! (Salomon les skis, même au Canada, on consomme Français!)

Nous avons également fait de la luge sur les l’une des collines de Calgary. Que l’on soit petit ou grand, la vitesse est toujours aussi grisante… et la remontée un peu trop longue.

Le ski alpin a également été à l’honneur cet hiver, sur les domaines de Sunshine — à 150 km de Calgary — et Fernie — à 5heure de route, où nous avons passé un long weekend avec Nic’ et Michelle — soirée raclette et tarot incluse ! (Merci à P&P, nos fournisseurs officiels de  gastronomie française :)

Nous avons également fait du patin à glace sur le bras gelé de la rivière Bow, en plein milieu du centre ville, chaussés de nos patins achetés cet été dans un vide-grenier. Enfin, nous avons redécouvert des sentiers de randonné empruntés cet été dans leurs habits d’hiver à travers une belle ballade en raquette.

Sur le bras gelé du Bow, à Prince Island Park, avec le Downtown en arrière plan, Benjamin marque le V de Vive Calgary!

Vers les Ink Pots, le long du Janson Canyon à quelques kilomètres de Banff. 1 km à pied, ça use, ça use, 1 km à pied, ça use les raquettes !

Avec tous ces sports différents, dont certains restent encore à découvrir — comme la rando en ski dans l’arrière pays, la course en traineau, l’escalade de glacier, etc… — imaginez la quantité d’équipements qu’un Alberta moyen doit avoir dans son garage. Y ajouter les équipements pour les sports d’été, et vous comprenez la raison pour laquelle certaines maisons ont des garages immenses, et certainement un portefeuille de la même taille. Heureusement pour nous, les vides-greniers et l’OutDoor Centre de l’Université de Calgary nous permettent de nous dépenser sans trop dépenser — lire ou relire les bons plans alterno-pratiques de Benjamin

Le Canadien, cet être de paradoxes

Posted in Acclimatation, Hockey, Le Canadien cet être de paradoxes on février 27th, 2013 by Benjamin – 1 Comment

Le Canadien est sportif. Et donc généralement en bonne santé. (Remarquez qu’il n’a pas vraiment le choix : dans son système de santé, les consultations sont gratuites mais les soins peuvent rapidement lui coûter un bras.) Pourtant, le Canadien souffre d’une maladie, une maladie plutôt rare en Europe, et je dirais même endémique au Canada. La scuzmite aiguë.

Prenons un exemple concret : vous faites vos courses au Superstore (variante locale du Carrefour, avec ses produits jaunes fluos estampillés NoName reconnaissables entre mille) et vous hésitez entre deux types de sauce tomate pour préparer votre lasagne au cheval boeuf. Cela fait deux minutes que vous vous tenez avec votre caddie devant l’étalage et que vous n’avez pas remarqué ce Canadien immobile derrière vous qui attend patiemment que vous ayez achevé votre processus décisionnel pour à son tour pouvoir accéder à l’étalage. A peine aurez-vous levé vers lui votre regard supris qu’il s’empressera de s’excuser d’un ou plusieurs « Sorry ».

Pour un rien, pour un tout, le Canadien ne peut s’empêcher de s’excuser. De se trouver derrière vous. De vouloir la même sauce tomate que vous. D’avoir entravé votre processus décisionnel. Chez les cas les plus atteints, « sorry » vient même ponctuer une majorité de phrases. Au risque de contagier les Européens bien éduqués mais sûrs de notre bon droit que nous sommes.

L’exemple suivant propose une variante illustrée, celle du chauffeur face au piéton.

(Merci à Grant pour la trouvaille)

Dialogue pour les non-anglicisant:
Barbu : Hey ! Je crois que tu viens juste de rouler sur mon père avec ta déneigeuse !
Casquette : Oh doux Jésus ! Je suis désolé ! J’ai bu genre 16 bières aujourd’hui, c’est tout ma faute !
Barbu : Oh je suis désolé ! Je ne disais pas cela pour que tu te sentes mal..
Casquette : Je suis désolé !
Barbu : Je suis désolé !
Casquette : Désolé !
Barbu : Désolé ! 
Le père sous la roue :  Je suis désolé !

La scuzmite aigue est la forme la plus répandue de la Politessite. Le Canadien est avant tout un être souriant, avenant et bienveillant. Revenons à nos sauces tomates. Quand il n’attend pas derrière vous, le Canadien qui vous voit dans l’embarras en train d’hésiter entre la sauce A ou la sauce B, vous sortira de votre dilemme en vous conseillant la sauce qu’il préfère. Toujours dans le magasin, la caissière vous demandera comment vous allez, et attend de vous la même attention. Un exemple de la Politessite : si vous êtes en train de changer vos pneus d’été pour vos pneus neiges sur votre parking, et alors que vos roues grippées refusent de quitter les moyeux, le Canadien s’arrêtera naturellement pour vous proposer son aide (situation vécue). Autre exemple flagrant : lorsque les policiers mettent des prunes, ils le font avec le sourire. Et les contrevenant sourient aussi en retour ! Après avoir observé cela dans les rues de Calgary, nous avons pu l’expérimenter grâce à la coopération d’un de nos amis. Pour une obscure raison liée à un demi-tour jugé pas dans les normes, une policière a mis une jolie prune avec un joli sourire à l’un de nos amis. Qui, en bon Canadien, l’a acceptée avec la plus grande délicatesse — quand plus d’un Français aurait crié à l’injustice ! Après les formalités administratives liées à la contravention, la policière, souriante, demande naturellement où nous allons et si nous avons besoin d’aide pour nous orienter, auquel cas elle se fera un plaisir de nous aider. C’est du vécu !

Attention, cependant ces deux pathologies ont leurs limites. Et ce qui est valable entre une auto et un piéton ne fonctionne plus lorsqu’il est appliqué à deux voitures. Par exemple, la navigation entre les files sur une autoroute est souvent un exercice périlleux. Du haut de son rutilant pick-up, le Canadien considère que la voie dans laquelle il se trouve est SA voie, et si vous tentez de vous insérer, il accélère pour le faire savoir. Autre cas où le Canadien se met en position de total lâcher-prise et réveil l’animal qui sommeille en lui : les matches de hockey. Non, pas exactement quand les deux équipes s’affrontent à la loyale : quand l’un des joueurs (généralement un de l’équipe en train de perdre) lâche sa crosse, enlève son casque, se met dans la position du boxeur et défie un joueur de l’équipe adverse au combat singulier. Pendant quelques minutes, c’est un match de boxe qui se joue sur la glace. Dans les tribunes, c’est la folie. Moment de catharsis collective. Je crois qu’à ce moment, le Canadien a réveillé le Latin qui sommeillait en lui depuis des siècles.

Le Canadien, cet être de paradoxes..

Notre carte de bonne année DIY

Posted in Do it yourself on janvier 31st, 2013 by Benjamin – 1 Comment

Le 31 janvier est, selon la tradition toute bien française du toujours-en-retard mieux-vaut-tard-que-jamais, le dernier jour pour adresser ses voeux de bonne année. Alors voilà, nous vous souhaitons une année 2013 encore plus belle, plus drôle, plus enjouée, plus passionnée, plus créative, plus reposante aussi, que ne l’a été 2012. 

En guise de carte numérique, nous partageons avec vous la petite carte pop-up que nous avons envoyées à quelques amis proches durant les fêtes. Ce petit panorama de poche reprend quelques faits emblématiques de Calgary que vous reconnaitrez très sûrement : le Bow qui traverse la ville, la skyline de Calgary, sur fond de chinook arch. Et bien sûr, au premier plan, vos deux Calgariens préférés embarqués dans un canoë !

En 2013, Aïda et Benjamin vous souhaitent un bon coup de pagaie !

Un an déjà !

Posted in Acclimatation, Alberta on janvier 27th, 2013 by Benjamin – 4 Comments

Il y a dix petits jours, ça faisait tout pile un an qu’on a posé nos valises en Alberta. Je nous vois encore débarquant à l’aéroport de Calgary, engoncés dans nos frêles manteaux parisiens, pendant que dehors soufflait un froid de gueux -30°C (la pire vague de froid jamais connue en un an). Un an plus tard, nous sommes toujours là, bien décidés à jouer les prolongations.

Cette première année est passée à la vitesse grand V. C’est que chaque nouvelle journée apportait son lot de découvertes, de rencontres, de nouvelles idées de ballades et d’endroits à découvrir. Un an plus tard, nous avons clairement nos repères dans cette ville tentaculaire. Mais toujours mille idées de choses à découvrir dans cette ville particulièrement jeune et vivante. Pour peu, nous commencerions à nous sentir Calgariens… à défaut de se sentir Canadiens.

En effet, nous avons l’impression que notre expérience, jusque ici, est davantage calgarienne que canadienne. Bien sûr, une explication générique est que le Canada est vaste et que les provinces Atlantiques diffèrent par bien des aspects des provinces des Prairies (4 000 km plus à l’ouest), qui elles-mêmes ont des climats et modes de vie bien différents de l’Ontario ou de la Colombie britannique. Mais la quatrième ville canadienne semble avoir une identité bien à part, qui la différencie de ses consoeurs (Toronto, Montréal, Vancouver). Plus jeune, beaucoup plus riche, beaucoup plus cosmopolite, davantage américanisée… et ensoleillée aussi. Nos collègues et amis sont néerlandais, marocains, turcs, serbes, bosniaques, iraniens, indiens, chinois, américains.. et bien sûr canadiens, issus du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta… ou immigrants récents. Au travail comme dans la rue, on y entend tous les accents, on y côtoie toutes les cultures et toutes les senteurs.

Calgary, c’est un peu une tour de Babel en construction. Un pur produit de la mondialisation qui attire des travailleurs du monde entier avec son économie-qui-ne-connait-pas-la-crise dopée aux schistes bitumineux. Certains y viennent pour travailler dur et nourrir une famille à l’autre bout du monde. D’autres sont des travailleurs du secteur pétrolier et y posent leurs valises pour quelques années comme ils l’ont fait avant en Norvège, en Libye ou au Niger. D’autres, jeunes comme nous, ont senti les opportunités qu’offre cette ville vibrante. Mais tous partagent cette ville et apportent — parfois malgré eux — leur pierre à cette tour de Babel. La solidité de la tour en construction est une autre question. Nous nous interrogeons souvent sur le sens de cette grande entreprise et ne manquons pas de partager nos interrogations avec les gens que nous rencontrons. Quel est le sens de cette mono-économie bâtie sur l’exploitation de pétrole non-conventionnel ? Ce qui nous surprend chez certains, c’est la (prétendue) absence de conscience et de réflexivité sur ce qui se joue ici en termes d’enjeux environnementaux et climatiques. Ceux-là, nous les appelons « les petits soldats de la mondialisation » — aujourd’hui à Calgary, demain en Afrique ou en Australie, peu importe vraiment où tant que l’on conserve son petit confort. D’autres, à défaut d’avoir des solutions, partagent nos interrogations. Et n’en sont pas moins empêtrés dans la même schizophrénie que la nôtre — oui, nous circulons tous les week-ends en voiture ; oui, nous faisons nos courses à Superstore plutôt que dans l’épicerie (bio) voisine ; non, nous n’avons pas de lombriscope ni de composte dans notre cour. Mais nous découvrons également plein d’initiatives citoyennes cherchant à construire des alternatives locales. C’est peut-être là l’un des points forts de notre expatriation : à nos yeux, il se passe quelque chose dans cette ville, quelque chose qui relève du malaise de la mondialisation, de notre société un peu trop consumériste, de notre modèle basé sur la consommation de resources non renouvelables. Non pas que Calgary en soit un acteur plus affirmé que les autres, mais elle en est un témoin pour sûr, à l’articulation des contradictions et des enjeux globaux et locaux.

Calgary est un petit village au million d’habitants où nous avons trouvé nos habitudes, déniché les bonnes adresses, dégoté nos petits restaurants préférés. Mais surtout, nous y avons changé nos habitudes. Acheter seconde-main est désormais un réflexe. Le sport occupe une place de choix dans l’emploi du temps de la semaine (basket le lundi, volley le jeudi, natation le vendredi, ski de fond ou de piste de temps en temps le weekend). Et nous cuisinons quasi-quotidiennement nos petits plats européens que nous dégustons ensuite au déjeuner.

Je le disais en préambule, la routine n’est pas encore là. C’est qu’il y a encore mille choses qui nous étonnent au quotidien et n’ont pas fini de nous étonner. Le fait qu’on ne puisse pas régler la pression de l’eau sous la douche reste à nos yeux une énigme non résolue. Entendre les Canadiens s’excuser 50 fois par jour — « Sorry, we are sorry » pourrait être leur hymne national ! Ou le fait, à l’inverse, qu’ils laissent leur politesse à la portière de leur voiture — sauf quand ils voient passer un piéton. Le service au restaurant nous apparaît régulièrement comme une escroquerie — pas toujours envie de laisser les 15% réglementaires de pourboire au serveur alors qu’il n’a eu de cesse de vous interrompre dans vos discussions avec vos amis et de vous pousser à consommer toujours plus.. et augmenter son pourboire en conséquence. Voir les Canadiens faire leur jogging par -20°C sous la neige n’a pas fini de nous donner des frissons. Enfin, la diplomatie des Canadiens au quotidien, ou plutôt leur smoothitude, est vraiment quelque chose d’émerveillant pour notre tempérament au sang chaud tout bien latin — ici les relations sont fluides, lisses, jamais rien ne grippe… du moins en façade !

Et puis aussi.. les magnifiques paysages des Rocheuses, le ski de fond sur les terrains de golf au coeur de Calgary, le patin à glace sur un bras gelé du Bow, les ballades en raquettes dans les grandes étendues sauvages, le retour du printemps et des descentes en rafting de la rivière, le camping dans la montagne, les barbecues sur la terrasse, les virées en canoë — sans oublier notre superbe bande d’amis… je crois que nous avons encore mille raisons de rester à Calgary !

Mais la mille-et-unième raison, c’est parce que Aïda a été acceptée en doctorat à l’Université de Calgary, département de géographie. Au programme, l’étude de l’appropriation de la transition énergétique des villes par ses habitants. De mon côté, je travaille toujours à l’université sur un passionnant projet de modélisation du système énergétique du Canada.

Ps : Trois jours avant Noël, nous avons reçus nos visas, valables jusqu’en novembre 2015… ce qui vous laisse largement le temps de traverser l’Atlantique (+ une bonne partie du Canada) pour venir nous voir !