On a remonté le temps : ballade dans la vallée des dinosaures

En plus des cowboys et des oils sands, l’Alberta est également le pays des dinosaures… Un des plus grand musée du monde leur est dédié à Drumheller à quelques 130 km de Calgary le Royal Tyrrell Museum. Au cœur de la Vallée des Dinosaures, ce musée aurait même inspiré le film Jurassic Park. Incontournable donc. Le weekend dernier, accompagné d’un temps estival, de nos cartes routières et de quelques cookies faits-maison, nous sommes donc remontés dans le temps et avons marché sur les traces des dinosaures.

La redoutable mascotte des Dinos, les sportifs de l'Université de Calgary: un T-Rex ayant attrapé un méchant coup de soleil

Bienvenue aux pays des dinosaures : des indices égrenés nous l’avaient déjà soufflé à l’oreille… Les premières semaines, lorsque nous étions chez l’habitant, nous prenions presque quotidiennement le métro à la station « Zoo ». Nous passions devons l’entrée du zoo pour rejoindre le quai. Devant l’entrée, une fresque métallique représentait entre un pingouin, un éléphant et un zèbre, un dinosaure… WTF ?! Veulent-ils faire croire aux petits enfants crédules que l’on peut voir des dinosaures au zoo de Calgary ?
Un deuxième indice, nous venait de l’université. Les équipes du club sportif universitaire s’appellent les Dinos et sont représentés par un T-rex rouge au visage espiègle.

C’est que l’identité de l’Alberta, se construit aussi sur les dinosaures : du fait de la nature du sous-sol géologique, en plus du pétrole et du gaz, les fossiles du mésozoïque foisonnent…

Une journée dans la vallée des dinosaures à Drumheller: à la découverte des fossiles et des « Badlands ». Après une heure et demie de voiture au milieu de la monotonie des routes tracées au cordeau, des lignes droites à n’en plus finir, au milieu de champs uniformes et dont la vitesse est limitée à 110km/h (frustrant), voici que le paysage change : il se vallonne avec de drôles de bosses, qui donnent l’impression d’avoir été oubliées là. La végétation y est rare, et les flancs nus laissent apparaître les strates géologiques de la roches grise, ocre et noire. C’est au milieu de ces roches longeant la vallée de la rivière Red Deer, que des mines de fossiles ont été découvertes. Cette abondance d’os fossilisés a donné son surnom à la vallée: Dinausor Valley ( (la vallée des merveilles… Pour ceux qui connaissent le film « Petit Pied ») et a permis l’ouverture du Royal Tyrrell Museum au milieu des années 1980. Il faut compter entre une heure et demi et deux heures pour revivre l’histoire des dinosaures. Impressionnant et ludique. Les dents et les griffes des T-Rexs font frissoner…

 

Black Beauty

Black Beauty, c'est un peu la star du Musée, un T-rex encore à moitié dans la pierre, agonisant ou rugissant, nul ne le sait.

Un autre fossile prisonnier de sa roche. Admirez les courbes et l'enchevêtrement des os...

Certains fossiles sont mis en scène dans des postures cocasses, voire grotesques...

Certains fossiles, sous l'effet des fortes températures liées au volcanisme, se sont transformés en pierres précieuses, telle cette ammonite géante.

 

On a retrouvé le moustique de Jurassic Park !

La scénographie du musée est superbe, et comporte plein d'animations et de jeux pour les enfants. Certains fossiles sont même encadrés, comme ce dinosaure. Pour peu, on se croirait au Louvre.

Aida tente de se mesurer à la jambe d'un T-rex. Petite mais costaud!

L'Albertasaurus, un cousin du T-rex, agé de près de 70 millions d'années a été découvert par le géologue Joseph B Tyrrell alors qu'il recherchait du charbon. Le musée fut doté du nom de ce premier découvreur de "flesh-eating lezrard from Alberta" ("lézard mangeur de chair de l'Alberta"). Ce fossile fut baptisé en 1905, la même année où l'Alberta devenait une province indépendante. Que de symbolisme...

Étourdissant esprit pionnier. Après la visite du musée, nous partons crapahuter sur les bosses, gravissant, avec prudence, endurance et témérité, l’une des plus hautes d’entre elles. Hissés au sommet, nous observons à nos pieds ce paysage lunaire et aride et les reliefs ravinés par les violentes coulées de boue qui surviennent à l’automne. Au milieu de l’anarchie des formes, la rivière Red Deer coule de son flot paisible. Nous avons appris que ces terres sont également appelées « Badland » (‘Mauvaise terres ») car en hiver, lorsque le temps est froid et humide, la terre est glissante et difficile à traverser. Nous pensons aux migrants du farwest qui courraient après leurs rêves en traversant ces plaines hostiles.

Paysage lunaire 1: noter les strates géologiques.

Paysage lunaire 2 perchés du haut de notre colline.

Sous le soleil lourd et aveuglant, nous nous considérons pendant un instant comme des pionniers. Nous l’avons fait ! Nous avons escaladé nos rêves pour les transformer en réalité ! Aller, trêve de lyrisme, il nous faut continuer. On redescend la petite colline en quelques secondes. On remonte en voiture, et hop, direction le fond de la vallée. Le voyage dans le temps se poursuit : pas de pont pour traverser la rivière. Mais un ferry, le Bleriot ferry (du nom du français André Bleriot qui fut le premier aviateur à traverseré la manche). En fait de ferry, plutôt une espèce de bout de route flottante, relié à ses poulies fixées sur des câbles qui courent en hauteur d’une rive à l’autre. Nous appuyons sur une sonnette pour appeler le ferry que l’on peut voir à un peu plus de 100m au loin, sur la rive opposée. Maintenu entre les deux câbles, le ferry garde son cap jusqu’à nous.

Le bout de route flottant.

Après ce voyage dans le temps, rien de mieux qu’un retour à notre époque. Avant de quitter la vallée et pour reprendre des forces pour le trajet du retour, rien de mieux qu’une pause McDo pour un coke et un Sunday à emporter. Mea culpa. On devient Albertain ou on ne le devient pas…

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