Mon petit écosystème dans sa bouteille

Un jour de 1960, le jeune David Latimer, un Britannique résidant dans le Surrey, décida de mettre dans une grosse bouteille un peu de terre, du composte, quelques graines et arrosa le tout d’un peu d’eau pour la forme. Il scella la chose et attendit de voir le résultat. En 1972, il décida de rouvrir la bouteille pour y remettre un peu d’eau. Et depuis, plus rien. Ou plutôt si, cette photo prise en 2013 :

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Je suis tombé sur cette histoire il y a quelques mois sur Internet. Et un beau jour de février 2013, je me suis mis en quête d’une bouteille assez grande pour contenir un peu de terre, quelques plants et un peu d’eau. Le 10 mars 2013, je fermais le bouchon en liège de la bouteille d’un bon coup de marteau. La suite en photos.

La bouteille vide a été dégotée chez un brocanteur pour $3 — et servait jusque là de barrique à vin.

La bouteille vide a été dégotée chez un brocanteur pour $3 — et servait jusque là de barrique à vin.

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Opération rempotage sur la table de la cuisine par un long soir d’hiver. J’ai choisi deux types de plantes un peu au hasard : de la fougère parce que ça me paraissait une espèce résistante et une autre plante dont je ne me souviens plus le nom mais avec de jolies fleurs.

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La bouteille, quelques jours après le scellage officiel de la bouteille début mars (j’avais mis un peu trop d’eau au début du projet, j’ai donc du attendre quelques semaines qu’un peu d’eau s’évapore avant de fermer la bouteille). Notez qu’une partie des fougères n’a pas vraiment prise et commence à se décomposer doucement.

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La bouteille, trônant fièrement dans l’entrée ensoleillée de notre petit chez-nous, aux côtés des galets ramenés des plages de Colombie-Britannique.

Comment ça marche ? Eh bien, comme dirait l’autre Lavoisier, d’une manière fort simple : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». En journée, les plantes sont en mode photosynthèse : sous l’action du soleil, elles absorbent le dioxyde de carbone et la vapeur d’eau contenus dans la bouteille et les combinent pour participer au développement de la plante tout en rejetant de l’oxygène. La nuit, c’est l’inverse : la plante respire, elle absorbe l’oxygène et rejette de l’eau et du CO2. Ainsi, le seul apport extérieur est contenu dans l’énergie du soleil, tous les autres éléments étant recyclés au fur et à mesure. (Notez au passage que le petit écosystème produit la nuit ses propres gaz à effet de serre — du CO2 mais aussi de l’eau — qui échauffent ainsi la température dans la bouteille aux premiers rayons de soleil.)

J’avais réfléchi au début à y inclure quelques habitants, histoire de rendre ce petit écosystème un peu plus vivant. Mais bon, un couple d’escargot  se serait sûrement régalé des plantes et une chenille se serait sentie bien à l’étroit une fois devenue papillon. Restait le Gaston le lombric, mais je n’ai pas réussi à en trouver dans la jardinerie où j’ai mes habitudes. Et il se serait sûrement senti bien seul. J’avais donc abandonné l’idée quand je me suis aperçu un jour que des passagers clandestins s’étaient discrètement glissés dans la bouteille avant son bouchonage. Sûrement issus du compost que j’avais ajouté pour mieux fertiliser la terre, une nuée de petits insectes s’envolent affolés à chaque fois que je mets la bouteille au soleil.

Un mois et demi après leur transplantation, la majorité des plantes se sont faites rapidement à leur nouvel habitat en vase clos et ont développé un solide système de racines. Seule une petite partie n’a pas survécu et se décompose lentement au fond — en majorité des fougères — fournissant aux survivantes du matériel nutritif supplémentaire. Dure loi de la nature.

Rendez-vous dans quelques mois pour la suite des aventures.

Ps : les chimistes et autres agronomes dans la salle sont tout à fait encouragés à ramener leur science dans les commentaires

  1. Olivier dit :

    C’est vraiment étonnant. Mais y a t-il une preuve scientifique qu’il s’agisse d’une histoire vraie ? Je n’ai pas de raison spéciale de douter, mais ça me parait presque « trop beau pour être vrai ». Y a t-il des références scientifiques d’expériences de ce genre reproductibles ? En tout cas je vais suivre votre expérience et si ça donne des résultats encourageants, je vais aller chercher une bonbonne dans une brocante :-).

    • Benjamin dit :

      Sans être expert en agronomie, il me semble que cela tient scientifiquement la route. Par contre, tous les sites que j’ai consultés à ce sujet expliquent qu’il n’est pas facile de trouver le bon équilibre notamment en eau et lumière… et mon premier essai n’est pas entièrement encourageant : tous les plants initiaux sont morts et pourrissent au fond du bocal. Mais en rentrant de vacances (hier), j’ai une bonne surprise : plusieurs pousses d’une dizaine de centimètres semblent vouloir prendre la relève… une affaire à suivre :)

  2. Estellou dit :

    J’adore l’idée de l’écosystème des plantes en bonbonne !! Cependant est-il possible de cueillir les fougères en forêt pour les transplanter ou faut-il les acheter en jardinerie ?? ;)

    • Benjamin dit :

      J’imagine que les deux options doivent fonctionner. Ceci dit, mon petit écosystème embouteillé a rendu l’âme quelques mois après la fermeture du bouchon. Je pense que mon échec est du à une combinaison de facteurs : trop d’ensoleillement de la bouteille (certaines plantes avaient l’air quasi-carbonisées), un milieu trop humide (qui, combiné avec le soleil, a pu trop élever la température un peu trop haut), ainsi que peut-être un mauvais choix de plantes. Je pense ré-essayer très bientôt mais je ne suis pas sur de le faire avec des fougères… J’essayerai d’en parler dans tous les cas sur le blog :)

  3. Pierre dit :

    Bonjour,
    je pense que ton échec n’est pas seulement du aux conditions d’ensoleillement et d’humidité mais provient du choix des plantes. Dis toi que tu imposes une plante la création d’un éco systeme…
    Si on regarde la nature on voit que les premières espèces a coloniser des milieux sont très basiques et je ne crois pas ta plante à jolie fleur soit suffisamment rustique.
    D’ailleurs la plante utilisée par David Latimer est du genre Tradescantia c’est le type de plante que tu laisses pousser par erreur et qui envahit ton jardin en un rien de temps ;)

    Bon courage à toi

  4. Dorian dit :

    Bonjour,

    je me permets de corriger par rapport à ce que vous avancez sur la respiration nocturne et la photosynthèse diurne des plantes. Elles respirent en réalité tout le temps, la nuit comme le jour, contrairement à ce qu’on entend souvent. Le jour, la plante réalise en plus la photosynthèse (qui nécessite un éclairage), et rejette plus de dioxygène qu’elle n’en consomme, mais la respiration est toujours présente.

    Joli projet en tout cas !

  5. 86Darci dit :

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