Le volontariat, une expérience protéiforme…

On nous l’avait fortement conseillé. Nous l’avons largement appliqué. Le volunteering (le bénévolat), meilleure façon de connaître du monde, de se faire connaître et d’avoir des références… Cette activité est une vraie institution en Alberta. Non seulement c’est vu positivement, mais beaucoup de secteurs ne fonctionnent qu’avec ça (notamment le secteur social, pas mal délaissé par le gouvernement Albertain). Petit tour d’horizons de nos différentes expériences qui nous ont permis de découvrir les casinos calgariens et la tire d’érable québécoise…

Vernissage à l’Alliance Française: so Frenchy!

Un couple franco-calgarien expose ses photos de Paris prises en sténopé à partir d’une vulgaire boîte à chaussure. Notre mission? Accueillir les visiteurs pour le vernissage et leur servir des verres de vin (ou de jus). Peu de monde mais on lie connaissance avec quelques personnes. On profite des photos et on papotte pas mal. Belle petite soirée, où nous n’avons pas eu vraiment l’impression de faire du volunteering. On faisait plutôt partie des visiteurs.

Les jeux sont fait? Rien ne va plus – La mise sur la cité des Rocheuses

Volontariat pour la Cité des Rocheuses, une association à but non lucratif dont les activités sont tournées vers la communauté francophone de Calgary (majoritairement constituée de québécois, appelés également French par les Albertains… ce qui prête parfois à confusion lorsque nous nous présentons, nous devons préciser: « We are French from France… »). Il s’agit de faire une journée de volontariat (11h-19h) en tant que Chip-runner dans un des casinos de Calgary.

Connaissant très mal la terminologie des casinos, nous nous renseignons sur internet. Devrons-nous ramener des chips aux clients? Pas tout à fait. Notre mission consistait à rapporter des jetons aux tables de jeu. On nous avait prévenu: ramener de quoi lire! La journée sera longue. Comme nous devions rencontrer un responsable de l’ISEEE (notre actuel employeur,  mais chut, on réserve cela pour un prochain billet) ainsi qu’un responsable d’Enmax (producteur/distributeur d’électricité de la ville de Calgary) nous avons pris le soin d’imprimer le rapport annuel de la compagnie ainsi que des documents relatifs à l’ISEEE. Arrivés à 11h du matin, on découvre l’ambiance un peu glauque du casino: pas de fenêtre, des lumières tamisées et surtout des machines à sous dont la musique criarde nous poursuivra toute la journée (et même à notre retour à la maison). Nous sommes conduit dans le « volunteer lounge ». Une pièce aveugle avec canapé, télé et frigo rempli de boisson et de barres chocolatés – et un salvateur backgammon, certainement égaré. Un téléphone également. A chaque fois que celui-ci sonne, l’un d’entre nous doit se précipiter à la caisse, voir la banquière (elle aussi volontaire) qui nous remet un certain montant de jetons. Mais attention! Les jetons sont étroitement contrôlés: la banquière les compte, nous les recomptons (à l’aide de petite machine tactile) et à la table de jeu où nous ramenons le butin, deux autres personnes les re-recomptent. Les jetons sont joliment casés dans des contenants qui permettent de faire des piles de 20 jetons. Il y a différents montants: de 1$ à 500$. Lors de certains runs, nous transportons jusque 30 000$, de quoi en tenter plus d’un !

Pas touche aux "chips" sinon... "Gare au goriiiiiii-iiiiiiillleu!"

Mais pas question d’essayer un braquage: un gros gorille nous accompagne à chacun de nos déplacements (avec toujours, en arrière-fond, la musique de manège des machines à sous). Nous n’avons pas bien compris l’intérêt de notre rôle, mais la procédure est la procédure, et apparemment, le règlement des casinos exigent que des personnes extérieures recomptent les jetons entre leur comptage et leur re-recomptage.

Une autre interrogation doit tarauder l’esprit du lecteur de ce billet: que diable faisait donc une association à but non lucratif dans un casino? La règlementation de l’Alberta exige que tous les casinos reversent trois mois de leur bénéfices à des organisations à but non-lucratif. Les associations qui veulent bénéficier de ces fonds doivent être reconnues par l’Alberta et mettre à disposition des volontaires pour tenir certains postes du casino (comme chiprunner, banquier et caissiers) pendant deux jours. Les associations peuvent prétendre à ces fonds tous les 18 mois. A l’issue des trois mois, les fonds sont également partagés entre toutes les associations qui ont participé au volontariat et, au bout de 18 mois, elles doivent justifier du bon usage des fonds perçus.  Une gestion vertueuse d’un secteur qui n’a pas bonne presse. Et si les casinos français s’inspiraient du fonctionnement?

Bilan de la journée: des calories (déjeuner gargantuesque à l’œil et barres chocolatées à gogo), des connaissances, des remerciements et une découverte des coulisses des casinos et du fonctionnement des financements des associations albertaines… mais aussi le vol de la vis de la selle du vélo de Benjamin (pas encore remplacée), ainsi que la musique des machines à sous qui nous a poursuivi encore quelques heures.

 Plongée dans la culture québécoise pour le Festival des sucres: tire d’érable et chocolat chaud

Bienvenue au festival des sucres!

Il était une fois, dans une province nommée Québec, à la fin de l’hiver, des bûcherons qui perçaient des trous dans l’écorce des arbres. Mais attention, il ne s’agissait pas de n’importe quels arbres: il s’agissait d’érables. Leur sève, qui avait gelé pendant l’hiver, se dégelait progressivement et retombait aux racines. Mais grâce aux petits trous percés et à un ingénieux système de robinet, les bûcherons récupéraient la sève, qu’ils faisaient bouillir et re-bouillir. Ils vendaient la plus grande partie sous forme de « sirop d’érable » (Maple Syrup) et en conservaient une partie pour préparer de la tire-d’érable à leurs enfants… Voici, plus ou moins rapportée la légende des contrées québécoises. Cet évènement s’est transformé en fête annuelle, nommée le festival des sucres.

L’ACFA, Association de la Communauté Francophone de l’Alberta, organise chaque année ce festival. Nous ne pouvions donc pas passer à côté de cette attraction. Nous nous sommes portés volontaires toute la journée du samedi (en croisant les doigts que la météo soit clémente…). Nos vœux ont été entendus: il a fait beau et doux, au point d’être en t-shirt l’après-midi en plein soleil! Incroyable!

8h45: Nous enfourchons nos vélos. Arrivée à 9h à l’Olympic Plaza, la place centrale du Downtown (centre ville) à côté du City Hall (mairie), où se trouve une immense patinoire. Les stands sont en train d’être montés. Les animations commenceront à partir de 11h. En attendant, c’est le branle-bas de combat des volontaires. Nous nous retrouvons tous dans la salle des volontaires (rempli de muffins et autres victuailles) pour un briefing rapide de nos tâches. Je fais partie de l’équipe « Accueil et Information »: j’accueille les gens avec un sourire et un guide et je les informe des animations. Je leur donne également des bons pour un tire-d’érable gratuit. Benjamin s’occupe des chocolats chauds: il gâte petits (mais aussi plus grands) en distribuant des tasses de chocolats chauds gratuitement. En attendant 11h, on ne chôme pas: on met en place la signalisation et on aide à aménager les stands.

11h: on distribue programmes, coupons de tire-d’érable et chocolats chauds. On s’amuse beaucoup. On parle aux gens. On ne voit pas le temps passer. 30 minutes de pause repas (typiquement québécois) et c’est reparti. En arrière-fond des groupes jouent de la musique pendant que les familles patinnent-à-glace ou admirent des sculpteurs de glace. Des enfants se font maquiller le visage ou s’amusent sur des toboggans gonflables.

Benjamin avec Caribou, la mascotte du festival!

Comme il y a beaucoup de volontaires présents, nous en profitons pour nous amuser aussi. On prend une pause pour aller faire les « sumos ». Dommage que nous n’ayons pas de photos de cet évènement mémorable. Mais imaginez nous, Benjamin et moi, avec des costumes de sumos: des combinaisons gonflables énormes, de couleur chair et qui imitent le corps des sumos. Sans oublier le petit slips rouge pour l’un et bleu pour l’autre et nos perruques noires en forme de chignon. Avec ces nouveaux corps qui débordent de graisse, impossible de se mouvoir. Si l’on tombe, on ne peut qu’agiter les bras désespérément et attendre que quelqu’un nous relève… Après 4 rounds à se pousser pour se faire sortir du cercle du terrain, nous arrêtons et reprenons notre apparence normale.

Vers 16h, nous décidons de nous lancer. Munis de notre petit coupon, nous nous dirigeons vers le stand de tire d’érable, le cœur battant et les papilles curieuses. Depuis que nous entendons parler de cette friandise, il est temps de faire sa connaissance.

Beaucoup de monde grouille autour du stand. De fins comptoirs en bois se dressent devant les gens. Sur ces comptoirs, de la neige. Et une odeur de caramel/sirop chaud embaume les alentours du stand. Il faut se presser pour faire sa place devant le comptoir. Une fois devant, on identifie la source de l’odeur: un énorme chaudron posé sur le feu dans lequel semble mijoter… mais oui! C’est du sirop d’érable… Miam! Les papilles s’excitent… Nous échangeons notre coupon contre un bâtonnet de bois. Peu de temps après, une personne arrive avec à la main, une théière remplie de sirop d’érable fumant. Il verse une bande de sirop sur la  neige du comptoir. Nous devons compter 30 secondes avant de pouvoir poser notre bâtonnet à l’extrémité de la bande de sirop qui a eu le temps de se durcir sous le froid de la glace. Nous enroulons la bande de sirop d’érable autour de notre bâton: voici notre tire-d’érable. Ce n’est rien de plus qu’une sucette de sirop d’érable encore un peu chaud. Nos dents sont littéralement collés par le sucre. On ne peut plus parler, on en a plein la bouche et ça dégouline sur nos doigts. C’est bon, c’est chaud, mais c’est un peu écœurant. Nous aurions pu en avoir un 2ème, mais nous nous arrêtons là.

Tire d’érable: Etape 1. On enroule!
Tire d’érable: Etape 2. On déguste (en essayant de ne pas s’en mettre partout!)

Vers 17h30, le festival prend fin et nous commençons à ranger et à démonter les stands. Une belle journée, enrichissante, aux contacts des gens, avec encore de nouvelles connaissances. Pour sûr la meilleure des journées de bénévolat!

 

  1. […] dans différents volontariats, qui nous ont permis de rencontrer des personnes très sympas. Le volontariat, c’est souvent ici une bonne stratégie pour décrocher un emploi, à l’encontre totale de […]

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