La chasse au trésor des offres d’emplois enfouies

C’est bien connu, être chercheur d’emploi, c’est un job à plein temps. Depuis notre arrivée, il y a un mois, nous n’avons pas chômé.

Première étape : Connexion Carrière, un organisme d’accueil des migrants francophones financé par le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta. Un panel de services gratuits qui permet de décoder le marché du travail canadien et d’utiliser les bonnes clés pour y pénétrer. Nous avons pu ainsi profiter de conseils personnalisés pour nos CV (en fait, pas grand chose à changer, grâce à l’aide précieuse de notre correcteur en chef en France, Floody) et d’un atelier de trois jours sur les techniques d’entretiens d’embauche. Les quelques enseignements à en tirer:

On ne s’imagine pas le nombre de bactéries échangés lors d’une poignée de main !

1) Travailler son assurance: on sait tout, connait tout, et surtout on peut tout. Pas de fausse modestie: si on France on fait profil bas, ici on se surgonfle !

2) Travailler sa poignée de main (voir article précédent de Benjamin) — sauf si la personne est bactérophobe (très « trendy » depuis le passage de H1N1, d’ailleurs on trouve des distributeur d’alcool désinfectant partout, je dis bien partout : dans la file d’attente des banques, les bureaux, les toilettes…)

3) Travailler ses références et ses recommandations : si en France le diplôme fait (presque) tout, au Canada, se sont les personnes qui ont travaillé avec vous qui façonnent l’avancée (ou non) de votre carrière. Bien choisir ses références, c’est encore plus important que choisir sa cravate ou sa paire de boucle-d’oreilles (mais tout autant que de travailler sa poignée de main).

4) Savoir dire « non! » aux « illegal questions« : pas de questions sur l’âge, l’appartenance communautaire et religieuse, pas de questions sur la famille ou la santé. On reste sur le registre pro-fe-ssio-nnel !

5) Travailler son audace et son réseau ! C’est la partie la plus éreintante: il faut faire feu de tout bois, être vigilant pour ne pas rater une belle opportunité.

Deuxième étape : réseauter, et encore réseauter. Depuis notre arrivée, nous découpons notre temps entre 1) recherche d’offres d’emploi et réponse à ses offres 2) réseautage sur LinkedIn et 3) déplacement sur le terrain. Pour le numéro 1, nous y consacrons peu de temps. D’après la pyramide du marché de travail à Calgary, les offres d’emplois visibles ne représentent que 20% de la partie immergée de l’iceberg. Il nous faut donc plonger en travaillant les techniques 2 et 3 pour aller à la rencontre des 80% restant.

Le marché du travail est comme un iceberg sur lequel vient s’échouer votre CV.

Autant dire que LinkedIn, est LE réseau sur lequel il faut être pour avoir le meilleur potentiel de réseautage. Depuis notre arrivée, nous avons plus que doublé le nombre de nos contacts. Être sans LinkedIn en cherchant un emploi, c’est ne pas avoir de tailleur pour l’entretien d’embauche. Entre l’identification des personnes qui travaillent dans les domaines qui nous intéressent, l’inscription à des groupes et les commentaires à poster pour y faire valoir notre expertise, être derrière l’écran d’ordinateur devient vraiment une performance physique (mes yeux ont doublé de volume et mes doigts n’ont rien à envier à ceux d’un haltérophyle).

Il faut avoir la force de porter ses projets à bout de bras.

Pour revenir au monde réel, nous sommes également présent sur le terrain. On contacte des personnes par mail pour solliciter des « informal interviews », c’est-à-dire un entretien pour obtenir des éléments d’éclairage sur le fonctionnement des choses ici. Et là, je dois vraiment dire que les canadiens sont serviables et disponibles. Sur tous les mails que nous envoyons, le taux de retour est de 90%! Choc culturel par rapport à la France. Nous avons pu ainsi rencontrer des responsables du Calgary Economic Development qui nous ont invité à deux évènements liés aux enjeux énergétiques. Ces deux évènements nous ont permis de mieux comprendre la politique de l’Alberta en matière de soutenabilité et d’efficacité énergétique (l’objet d’un autre billet) et surtout de rencontrer d’autres personnes qui à leur tour, nous ont introduits auprès d’autres personnes. C’est ce qu’on appelle le « networking« , littéralement (« le travail du filet, du réseau »).

Évidemment, on n’assiste pas à ces évènements sans un minimum de préparation. Ainsi, il faut définir sa stratégie d’approche (en crabe, et jamais frontal: faire valoir ses connaissances et son expertise sans mettre le « I want a job »  – « Je veux un travail » – en avant ; éviter la comparaison récurrente « in France/in Europe » et comprendre que le marché avec le minimum d’état et la croissance économique sont le credo des Calgariens), se préparer à faire le perroquet (pouvoir se présenter brièvement et toujours en souriant à des dizaines de personnes), et surtout, surtout, ne pas oublier ses « business cards » qui font toute la crédibilité d’une personne. Les nôtres sont nées d’un long et difficile brainstorming.

Depuis une dizaine de jours, ma carte se ballade déjà dans une cinquantaine de poches calgariennes — merci à Benjamin, pour le professionnalisme avec lequel il a réalisé nos cartes !

A côté des « formal interviews« , nous allons également ajouter une dernière corde à notre stratégie : le « Volunteering », c’est-à-dire travailler de façon bénévole dans une association ou un organisme. Le but est double: élargir le potentiel de réseautage (plus on rencontre de personnes, plus s’élargit la possibilité d’avoir les « bons plans ») et avoir une référence canadienne (voir le 3 de la partie précédente).

  1. Raphael dit :

    Hey Hey bon courage à vous!
    Quand j’étais dans mon trou paumé, il m’est arrivé de passer un entretien le matin avec une personne pour un poste, le soir faire un souper avec cette personne lors d’une réunion de réseautage et le lendemain faire un entretien pour un autre poste avec encore cette personne!

  2. Doréus dit :

    Alors, bienvenue! Avez-vous aussi pris contact avec le Centre de Développement Économique de l’Alberta (CDÉA); ce service offre de belles occasions de réseautage. La francophonie peut aussi vous offrir un avantage, même en milieu majoritairement anglophone. Bonne installation et surtout bonne recherche d’emploi. Au plaisir!

    • Benjamin dit :

      Merci Doréus pour la bienvenue et les conseils ! Nous avons contacté le CDEA et déjà largement fait connaissance avec Connexion Carrière, qui fait un travail formidable. On attaque actuellement la phase networking et volunteering, croisons les doigts que cela porte ses fruits :) Au plaisir !

  3. Doréus dit :

    Oh! Et merci pour le lien!

  1. […] Dès votre arrivée à Calgary, faites les démarches pour avoir votre numéro d’assuré social (SIN) et rendez-vous à Connexion Carrière, l’organisme d’aide aux francophones à Calgary. Leurs ateliers, cours d’anglais, conseils et ordinateurs sont de précieuses ressources pour comprendre et intégrer le marché du travail (voir aussi ce billet). […]

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