Canada-pratique : réussir son expatriation à Calgary

Avec l’ouverture prochaine de la saison des PVT (permis vacances-travail, pour les non-initiés), Aïda et moi sommes régulièrement contactés par de jeunes compatriotes qui réfléchissent à venir avec leur baluchon dans la capitale économique albertaine. Comme ce sont à peu près toujours les mêmes questions qui reviennent, voici une petite compilation de nos réponses. Bien sûr celles-ci sont directement liées à notre expérience personnelle de l’Alberta et d’autres compatriotes pourraient vouloir nuancer nos propos — n’hésitez pas à le faire dans les commentaires.

Est-il facile de trouver un travail ?

Si vous êtes jeune et avez pour seul point de comparaison la France, la réponse est trois fois OUI. Avec 4.3% de chômage, l’Alberta ne connaît pas la crise. Donc oui, il n’est pas difficile de trouver un travail à Calgary. Par contre, cela requiert de bien savoir s’y prendre.

Je ne veux pas travailler dans l’industrie pétrolière ; est-ce que je peux quand même trouver quelque chose ?

L’Alberta est clairement une province qui vit, bon gré mal gré, de la rente pétrolière. Bref, quand le pétrole va tout va et ce sont tous les secteurs économiques qui en profitent. « Work hard, play hard » pourrait être le moto de la ville. Dans le centre-ville, un grand nombre de boutiques, restaurants, cafés, affichent le signe « Hiring!». Les services recrutent également, notamment dans la santé et l’éducation — y compris en français, les écoles françaises étant plutôt recherchées par les Canadiens anglophones. Et si vous travaillez avec un tournevis et un marteau plutôt qu’un ordinateur, la construction et la rénovation se portent bien. Et tout particulièrement depuis les inondations de juin dernier.

Pour être complet, selon plusieurs témoignages il semble en fait assez difficile de trouver un travail dans le pétrole si l’on n’a pas de d’expérience dans le secteur. Par contre,

Comment fait-on pour trouver un travail à Calgary ?

La culture du travail est assez différente d’en France. Voici neuf conseils (+1 bonus) pour trouver un travail à Calgary :

  1. Inutile de démarcher de la France. Si vous n’êtes pas sur place avec un permis de travail, les compagnies ne prendront même pas la peine de vous répondre.
  2. Dès votre arrivée à Calgary, faites les démarches pour avoir votre numéro d’assuré social (SIN) et rendez-vous à Connexion Carrière, l’organisme d’aide aux francophones à Calgary. Leurs ateliers, cours d’anglais, conseils et ordinateurs sont de précieuses ressources pour comprendre et intégrer le marché du travail (voir aussi ce billet).
  3. Mettez à jour votre profil LinkedIn et abonnez-vous à des groupes locaux sur vos centres d’intérêts professionnels.
  4. « Canadianisez » votre CV : les employeurs canadiens font difficilement confiance à notre expérience en Europe. Lancez-vous dans du volontariat (très apprécié) et/ou trouvez-vous un petit travail par exemple chez Tim Hortons (parfait pour pratiquer son anglais et absolument bien vu par les employeurs)
  5. Networkez : allez dans des conférences où vous pouvez croiser vos futurs potentiels collègues. N’oubliez pas de vous faire des cartes de visites au préalable.
  6. Faites des « walk-in » : allez-y au culot ! L’idée est de se pointer dans des entreprises cibles avec un CV et de tenter de forcer le barrage de la secrétaire pour parler avec un manager. (Testé et non-approuvé… mais il paraît que ça peut marcher !)
  7. Inscrivez-vous sur Meetup et tentez de trouver des événements en lien avec le secteur que vous visez.
  8. Recontactez les personnes rencontrées brièvement lors de conférences ou d’évènements Meetup pour une entrevue informelle dans un café. Demandez à la personne de parler de son métier (les gens aiment généralement parler d’eux) et ne donnez votre CV que si on vous le demande. Remerciez toujours après par e-mail.
  9. Trouvez votre stratégie gagnante : la nôtre a consisté à proposer dans différents organismes notre aide comme volontaires — parmi ceux-ci, un Institut de l’Université, qui nous a rappelé quelques semaines après notre entrevue pour nous proposer un travail à tous les deux. J’imagine qu’il y en a pas mal d’autres… reste à trouver la vôtre !
  10. Parlez de la météo : le temps qu’il fait est une obsession un sujet de conversation quotidien pour tout Canadien. Particulièrement pratique pour engager la conversation. (Par extension, vous pouvez aussi mentionner les activités que vous pouvez faire dans les Rocheuses — ski et raquettes en hiver, rando et canoë en été, et au printemps/automne vous avez le droit de vous plaindre.)

Est-il facile de trouver un logement ?

Avec 35 000 nouveaux arrivants par an, Calgary est la ville qui grandit le plus vite au Canada. Bref, la ville affiche un taux d’occupation assez élevé et trouvé le bon logement se révéler un défi, surtout si vous avez des enfants ou des animaux — ne riez pas, un certain nombre d’annonces précisent « Ni enfants, ni animaux ». Pas mal de logements sont proposés en sous-sol (« basement »), avec souvent assez peu de lumière du jour mais une bonne isolation thermique en retour. Pour un toit de quelques nuits, Airbnb peut vous aider. Pour la recherche d’un toit plus durable à Calgary, Kijiji sera votre meilleur ami.

A combien descend le thermomètre en hiver ?

Calgary accueille en hiver une espèce de micro-climat en Alberta : alors que des villes comme Edmonton passent l’hiver à un stable -10°C / -20°C, Calgary connaît de fortes variations de températures. Ce miracle est du au Chinook, ce vend chaud qui se met parfois à souffler des Rocheuses et réchauffe la température de parfois 20 à 30°C. Ce qui fait qu’on peut avoir des températures positives en hiver. Et comme l’air est très sec et le soleil souvent présent, on ne ressent pas tant le froid. En disant tout cela, je me souviens du soir d’hiver où nous avons débarqués de France à l’aéroport… il faisait -30°C et autant vous dire que nous ne faisions pas les malins ! (Mais heureusement, cela ne s’est pas encore reproduit en deux ans)

J’ai peur de m’ennuyer en Alberta…

Si vous aimez le grand air et le sport, vous ne vous ennuierez pas à Calgary. En hiver, vous profiterez des pistes de ski de piste et de ski de fond (les premières stations sont à une heure de route) et ferez des raquettes ; en été, ce sera VTT, rando, canoë, camping… et pourquoi pas voile sur le Glenmore Reservoir. Si vous aimez jouer en équipe, différentes leagues vous permettront de jouer la semaine votre sport préféré — nous jouons au basket avec la Calgary Sport and Social Club. Si vous êtes plutôt citadins, Calgary n’est pas Paris, Londres ou New York, mais il y a une scène culturelle et culinaire en plein développement. Enfin, si vous voulez vous engager dans des mouvements « alternatifs » (jardins partagés, nouveaux modes de déplacements, ateliers de réparation de vélos, « fablabs »…), Calgary vous offrira plus d’une occasion de vous engager.

La nouvelle vidéo promotionnelle de Calgary

PS : si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires. Nous essayerons d’y répondre et de les intégrer au post.

  1. Dr. CaSo dit :

    Pas tout à fait vrai que l’Alberta ne connait pas la crise. Notre faculté vient de perdre 11% de ses profs et s’attend à en perdre encore autant l’année prochaine! Ca dépend des points de vue, c’est sûr, et c’est aussi vrai que par rapport aux autres provinces canadiennes, l’Alberta souffre peu de cette crise.

    • Benjamin dit :

      Bonsoir Dr. CaSo,
      UofC (où je travaille) a aussi été amputée de 10% de ses rentrées l’an passé. Mais la « crise » qui touche le secteur public en Alberta a des racines bien différentes de la crise économique dans l’est du Canada ou en Europe. Elle est juste due à une baisse de rentrée d’argent pour la province liée à une baisse du cours de pétrole albertain l’année passée. Tout ça parce que l’Alberta a eu un jour la curieuse idée de ne compter que sur le pétrole pour faire vivre son service public..
      J’essayerai d’écrire très bientôt un billet sur cette situation qui dure.. et qui n’a pourtant rien de soutenable :)
      Benjamin

  2. Bonjour Ben et Aida,

    Je suis de passage sur votre blog et je dois dire que je le trouve super, en particulier cet article qui parle de votre expatriation.
    Je me présente je suis Élise, consultante pour un organisme de vente de séjours linguistiques en ligne: voyage-langue.com.
    Nous tenons un blog sur l’actualité et les séjours linguistiques et nous souhaiterions vous inclure dans notre rubrique ‘blogs témoignages ».
    En effet votre expèrience pourrait aider nos futurs étudiants canadiens à mieux connaître ce pays.
    Dans l’attente de votre réponse.

    Cordialement.

    Élise

  3. Benjamin dit :

    Bonjour Élise,
    Merci pour votre message, je vous réponds par e-mail très vite.
    Benjamin

  4. 33Susannah dit :

    I must say it was hard to find your blog in google. You write
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