Bilan de printemps

Posted in Alberta, Calgary on mai 16th, 2012 by Aïda et Benjamin – 4 Comments

Au printemps, certains font le ménage. Nous, nous faisons le bilan. Parce que voilà, ça fait aujourd’hui tout pile quatre mois que nous avons quitté le vieux-monde pour le nouveau. L’occasion de livrer un petit pot pourri de nos impressions calgariennes, qui peut-être vous donnera envie de traverser l’Atlantique pour passer une tête… ou pas.

En fait, nos six premières semaines ont été presque décisives : c’était les semaines de toutes les découvertes (culture locale, fonctionnement du marché de l’emploi, etc), de tous les étonnements (« tiens une salade au goût de caoutchouc ! ») et de l’adaptation à notre nouvel environnement. Elles nous ont demandé beaucoup d’énergie, mais la stratégie a payée : en six petites semaines, nous avions un travail qui correspondait à notre formation et un logement dans un quartier vivant que l’on ne finit pas de redécouvrir les beaux jours arrivant. Nous nous sommes également impliqués dans différents volontariats, qui nous ont permis de rencontrer des personnes très sympas. Le volontariat, c’est souvent ici une bonne stratégie pour décrocher un emploi, à l’encontre totale de notre culture franchouillarde. C’est d’ailleurs comme cela que nous avons décroché nos jobs dans un institut de recherche sur le développement durable de l’Université de Calgary (assez reconnu et plutôt innovant), ainsi qu’une mission de consulting.

"Sunnyside Local Pride!" proclame le panneau, même si en Alberta le soleil brille pour tout le monde.

Ces premières expériences et ce premier emploi nous ont révélé que, en Alberta, la culture du travail est vraiment très différente de la culture française. En fait, la culture albertaine tout court nous parait bien loin de notre bonne vieille Europe. Un ami nous racontait que selon des chercheurs en anthropologie, en termes de différences culturelles, les Canadiens sont plus éloignés des français dans leur manière de travailler que les Indiens (ceux d’Inde hein). Bref, c’est pas parce qu’on est blanc (ou pas, d’ailleurs..) et qu’on appartient à un pays du ‘Nord’, que l’on partage une même culture. Je dirais même que les quiproquos peuvent être fréquents !

Société consensuelle. Pour n’en citer qu’un, un trait marquant de la culture locale est le besoin permanent du consensus. Au travail, comme dans la vie, les relations doivent être lisses, enjouées, voire empreintes d’une amicalité quasi-suspecte. Dans les magasins, les clients sont accueillis d’un « How are you today ? », auquel il faut vraiment répondre — positivement de préférence. Au travail, les réunions sont souvent ponctuées de blagues et de grands éclats de rire (à moins qu’il ne s’agisse que d’un trait propre au fonctionnariat universitaire dans lequel nous évoluons). Les journées commencent et finissent toujours par des ‘small talks’, où il vous faut disserter sur la pluie et le beau temps (même si tous savent d’expérience qu’il est totalement imprévisible… et qu’il s’agit plus souvent de neige de que de pluie !), les activités du week end (forcément pleines d’aventures et de surprises) ou la famille (évidemment heureuse). Bref, esprits chagrins ou volcaniques, s’abstenir. Hypocrisie généralisée ? Pas forcément. Il s’agit d’une politesse exacerbée qui peut paraître excessive selon nos critères (mais avouez qu’il est vraiment facile de surpasser la politesse parisienne…) et qui peut s’expliquer par une envie de paix sociale partagée, à laquelle on vous conseille fortement de souscrire. De ce fait, les chiffres de la délinquance parmi les plus bas d’Amérique du Nord, ce qui oblige les médias à nous bassiner avec les accidents de voiture, faute d’autres faits divers pour ouvrir les informations.

Alors le Canada, pays de la paix sociale ? Pas facile de se prononcer depuis Calgary, qui semble un petit microcosme bien particulier. Parce que pendant que l’Alberta a une santé économique du feu de Dieu (plus de 10 000 emplois créés chaque mois en mars et avril, du jamais vu depuis plusieurs décennies !), l’Est du pays fait face à des difficultés économiques, qui tendent un peu le climat social. Le Québec, surtout, en fait les frais ; la hausse des frais de scolarité à l’université donne lieu depuis près de trois mois à des manifestations géantes qui font régulièrement la une, même 4000 km plus à l’ouest. Mais l’autonomie politique assez élevée de chaque province fait que les Canadiens ne se sentent pas forcément concernés par un avenir économique commun. Et aucun n’est bien entendu d’accord pour payer pour son voisin. Cela se voit assez bien sur la thématique énergétique, le sujet est sur toutes les bouches ici. Complètement dérégulé et fondé sur les hydrocarbures non conventionnels (schistes bitumineux, gaz de schistes et consort), le marché attire tous les investisseurs. Bien entendu, Total n’a pas su résister à l’appel et s’est implanté en Alberta depuis plusieurs années, sans avoir pour autant encore commencé à exploiter des ressources. Ce qui est drôle d’ailleurs, c’est que Total est très peu connu ici ; mais quand il l’est, il jouit souvent d’une image plus verte que ses concurrents. Un effet collatéral de l’arrivée de Total a été l’ouverture d’un Consulat à Calgary même en 2010, doté du doux surnom de « consulat Total ». Pas (ou peu) de services aux ressortissants, on aura pourtant essayé…

Inauguré il n'y a même pas deux mois, le "Peace bridge" est en fait devenu un peu le pont de la discorde. En cause, en vrac : son coût qui a explosé en cours de construction, son architecte espagnol, son esthétique, etc. Mais nous il nous rend bien service pour nous rendre en quelques coups de pédales dans le Downtown.

Alors Calgary, province de la bulle énergétique sale ? Le problème de l’Alberta est son enclavement ; elle a beau être assise sur la troisième réserve d’or noir au monde, elle manque cruellement de moyens massifs et bon marché pour l’exporter, que ce soit par la route, par rail ou par pipeline. Ce manque d’accès aux marchés l’oblige à vendre ses hydrocarbures 20 à 30 % moins chers. Et plusieurs études prédisent que si elle n’arrive pas résoudre ce problème d’ici trois ans, il en sera fini de la ruée vers l’or noir, les coûts d’exploitation étant trop élevés face aux coûts d’accès aux marchés. Un match dont la planète sortirait cependant gagnante, tant les méthodes d’extraction restent encore peu réglementées.

La pluie, la neige, le beau temps. Le jour où nous avons atterri, il faisait -20°C le jour et -40°C la nuit. Un moment, on a vraiment cru que le Canada c’était ça. Bref, on a vraiment cru qu’on allait faire demi-tour. Puis les Canadiens nous ont expliqué que ces épisodes extrêmes n’arrivaient que quelques semaines éparses dans l’hiver et nous avons fait connaissance avec Chinook. Et depuis, nous avons appris à mieux connaître la météo calgarienne… et à s’en méfier : des températures fraîches la nuit, douce en journée lorsque soleil et chinook sont là (deux jours sur trois), mais un climat toujours très sec. Et je ne parle pas uniquement de la pluie, que nous n’avons vue qu’une poignée de fois en quatre petits mois. En toute saison, l’air est extrêmement sec, ce qui rend le froid beaucoup plus acceptable, et la chaleur parfois intolérable. A propos de soleil, il semble qu’on nous ait un peu trop survendu les fameux « 330 jours de soleil » par an. Soit ces statistiques sont issues d’une année exceptionnelle… soit ils mesurent le soleil au dessus des nuages ! Sans rire, les journées sont effectivement autrement moins grises qu’à Paris. On doit même avoir une bonne vingtaine de jours pleinement ensoleillés par mois ! Et quand le soleil est là, il rigole pas : crème solaire obligatoire pour ma peau bien blanche et lunettes de soleil pour tout le monde. Par 1 000 mètres d’altitude, la luminosité est très forte — au point parfois de donner des maux de tête.

Quant à la neige, les Calgariens adorent raconter qu’elle peut pointer ses flocons à tous les mois de l’année, même en été lorsqu’il fait plus de 20°C ! Nous en avons eu un avant-goût la semaine passée, lorsqu’une grosse tempête de neige s’est abattue pendant quelques heures sur la ville alors que nous chevauchions nos vélos en direction du Consulat français, probablement pour empêcher les Français de se rendre aux urnes (la neige, pas nous). Dans l’après-midi, le grand beau soleil était de retour, effaçant toute trace de neige. Une bonne blague répandue ici dit : « You don’t like the weather? Just wait 5 minutes.. » (‘Si tu n’aimes pas le temps qu’il fait, attends juste 5 minutes’). Bref, le climat albertain, c’est un peu un temps breton, l’amplitude en plus.

Le Calgarien, espèce protégée. Rencontrer de vrais Calgariens à Calgary est mission compliquée. La majorité des personnes rencontrées ici sont soit des Canadiens venant d’autres provinces, soit des immigrés arrivés il y a moins d’une décennie au Canada, généralement au moment du boom pétrolier de la province, entre la fin des années 1990 et la crise financière des années 2000. Toutefois, il arrive parfois de tomber sur un spécimen indigène, né et élevé à Calgary. Dans ce cas, il y a de fortes chances qu’il revendique sa culture ‘red-neck’, que l’on pourrait traduire par ‘cul-terreux ignare et fier de l’être, généralement adepte de la beaufitude’. Qui sont alors les Calgariens du quotidien, ceux croisés dans le tramway, la rue ou les magasins ? Les asiatiques viennent en premier, comme souvent en Amérique du Nord. D’ailleurs le downtown de Calgary a son Chinatown, avec des immeubles aux toits pagodés et des restaurants chinois (et aussi vietnamiens). Les Européens sont les seconds représentés, souvent originaires des pays d’Europe de l’Est ou du Centre : Ukrainiens, Polonais et balkaniques sont ici particulièrement représentés. Les Indiens forment également une forte communauté, emmenée par le maire de Calgary, Naheed Nanshi, d’origine indienne. N’oublions pas les Sikhs et les Pakistanais, qui semblent s’être tous spécialisés dans le taxi, malgré souvent de prestigieux diplômes universitaires. Calgary ressemble assurément à une tour de Babel où l’on peut entendre tous les accents du monde, animée d’un esprit pionnier.

Aïda posant fièrement avec son destrier chèrement déniché : un vélo european-style. Qu'il vente, qu'il neige, et même dans la nuit par -15°C, nos vélos nous ont rendu de sacrés services.

Sportif comme un Calgarien ! Les Calgariens étant de grands sportifs, on a décidé de les imiter pour mieux s’intégrer. Plus sérieusement, même si la ville est un peu le royaume de la voiture, tout ici se prête au sport : pistes cyclables (pour certaines déneigées en hiver), terrains de basket en plein air, nombreux parcs… et surtout un grand soleil qui ne donne pas envie de s’enfermer. Alors notre premier achat, 10 jours après notre arrivée, s’est porté sur deux vélos d’occasion dénichés sur Kijiji, le site à tout faire. Depuis, le vélo, c’est tous les jours, pour aller à la gare de tramway comme dans le Downtown. L’hiver nous a aussi donné l’occasion de pratiquer un peu de ski, de descente bien sûr, mais aussi de fond — skating sur les pistes des JO de 1988 ! A cela, on ajouté depuis peu le badminton toutes les semaines (parfois en doubles avec des amis), et j’ai (Benjamin) pour ma part commencé le basketball et le volleyball dans une league, avec matches toutes les semaines — le nom de notre équipe : « Kiss my pass » !

En maillots-pas-jaune, les Kiss-my-pass dans une tentative désespérée de faire rentrer la balle récalcitrante dans le panier.

Mais aussi, en vrac. Je me suis fait confisquer mon permis de conduire rose en allant en demander mon permis albertain : au Canada il est illégal d’avoir deux permis. Nous avons enfin obtenue notre assurance sociale Albertaine (Alberta Health Care), particulièrement avancée pour l’Amérique du Nord : le médecin est gratuit, seuls les médicaments et les dentistes sont payants — gare à nos dents ! Et encore juste faut-il trouver un médecin qui nous accepte comme référent, certains ayant des listes d’attentes de plusieurs années. Ha, on a aussi échappé à un jeune couple qui, nous pensant sans doute égarés et sans repères, souhaitait se proclamer nos mentors attitrés. Soit contre espèces sonnantes et trébuchantes soit contre notre enrôlement dans leur secte, on n’a pas vraiment bien saisi l’entourloupe, mais assurément un moment bien comique !

Loin de la France, mais nous ne l'oublions pas pour autant. Chez nous France Culture résonne autant que CBC, tout comme le Petit Journal de Canal+, qui nous a offert un poste d'observation drôlissime de la campagne présidentielle. Et en bons français, à chacun des scrutins, nous avons réunis compatriotes et amis francophiles autour d'un bon brunch pour suivre les résultats. (Photo prise au fameux Consulat de France à Calgary, où nous étions volontaires le jour des élections).

Bref, c’était en quelques lignes un petit aperçu de notre adaptation calgarienne. Tout ça pour dire que nous sommes vraiment heureux de notre nouvelle vie en Alberta. Après Paris, c’est un nouveau rythme. Tous les jours nous quittons le travail vers 16h30 et avons une vraie soirée pour faire une multitude d’activités : échecs, sport, ballades, films, mais aussi la cuisine — quiches, pizzas, lasagnes, cookies, nous passons beaucoup de temps dans notre cuisine aussi grande que notre ex-studio parisien ! Quoique bien Nord-Américain notre nouveau mode de vie nous semble autrement moins consumériste qu’à Paris. Avec le retour des beaux jours, l’Alberta nous offre un nouveau visage et mille nouvelles activités à faire dehors. Et depuis quelques jours, Calgary a été élevée au rang de capitale canadienne de la culture, avec maintes manifestations à la clé. Bref, pas sûr qu’on ait envie d’en partir, même quand viendra l’automne. Une affaire à suivre, rendez-vous ici dans quelques mois pour le bilan de l’été !

On a remonté le temps : ballade dans la vallée des dinosaures

Posted in Alberta, En photos, Excursion, Non classé on mai 13th, 2012 by Aïda – Be the first to comment

En plus des cowboys et des oils sands, l’Alberta est également le pays des dinosaures… Un des plus grand musée du monde leur est dédié à Drumheller à quelques 130 km de Calgary le Royal Tyrrell Museum. Au cœur de la Vallée des Dinosaures, ce musée aurait même inspiré le film Jurassic Park. Incontournable donc. Le weekend dernier, accompagné d’un temps estival, de nos cartes routières et de quelques cookies faits-maison, nous sommes donc remontés dans le temps et avons marché sur les traces des dinosaures.

La redoutable mascotte des Dinos, les sportifs de l'Université de Calgary: un T-Rex ayant attrapé un méchant coup de soleil

Bienvenue aux pays des dinosaures : des indices égrenés nous l’avaient déjà soufflé à l’oreille… Les premières semaines, lorsque nous étions chez l’habitant, nous prenions presque quotidiennement le métro à la station « Zoo ». Nous passions devons l’entrée du zoo pour rejoindre le quai. Devant l’entrée, une fresque métallique représentait entre un pingouin, un éléphant et un zèbre, un dinosaure… WTF ?! Veulent-ils faire croire aux petits enfants crédules que l’on peut voir des dinosaures au zoo de Calgary ?
Un deuxième indice, nous venait de l’université. Les équipes du club sportif universitaire s’appellent les Dinos et sont représentés par un T-rex rouge au visage espiègle.

C’est que l’identité de l’Alberta, se construit aussi sur les dinosaures : du fait de la nature du sous-sol géologique, en plus du pétrole et du gaz, les fossiles du mésozoïque foisonnent…

Une journée dans la vallée des dinosaures à Drumheller: à la découverte des fossiles et des « Badlands ». Après une heure et demie de voiture au milieu de la monotonie des routes tracées au cordeau, des lignes droites à n’en plus finir, au milieu de champs uniformes et dont la vitesse est limitée à 110km/h (frustrant), voici que le paysage change : il se vallonne avec de drôles de bosses, qui donnent l’impression d’avoir été oubliées là. La végétation y est rare, et les flancs nus laissent apparaître les strates géologiques de la roches grise, ocre et noire. C’est au milieu de ces roches longeant la vallée de la rivière Red Deer, que des mines de fossiles ont été découvertes. Cette abondance d’os fossilisés a donné son surnom à la vallée: Dinausor Valley ( (la vallée des merveilles… Pour ceux qui connaissent le film « Petit Pied ») et a permis l’ouverture du Royal Tyrrell Museum au milieu des années 1980. Il faut compter entre une heure et demi et deux heures pour revivre l’histoire des dinosaures. Impressionnant et ludique. Les dents et les griffes des T-Rexs font frissoner…

 

Black Beauty

Black Beauty, c'est un peu la star du Musée, un T-rex encore à moitié dans la pierre, agonisant ou rugissant, nul ne le sait.

Un autre fossile prisonnier de sa roche. Admirez les courbes et l'enchevêtrement des os...

Certains fossiles sont mis en scène dans des postures cocasses, voire grotesques...

Certains fossiles, sous l'effet des fortes températures liées au volcanisme, se sont transformés en pierres précieuses, telle cette ammonite géante.

 

On a retrouvé le moustique de Jurassic Park !

La scénographie du musée est superbe, et comporte plein d'animations et de jeux pour les enfants. Certains fossiles sont même encadrés, comme ce dinosaure. Pour peu, on se croirait au Louvre.

Aida tente de se mesurer à la jambe d'un T-rex. Petite mais costaud!

L'Albertasaurus, un cousin du T-rex, agé de près de 70 millions d'années a été découvert par le géologue Joseph B Tyrrell alors qu'il recherchait du charbon. Le musée fut doté du nom de ce premier découvreur de "flesh-eating lezrard from Alberta" ("lézard mangeur de chair de l'Alberta"). Ce fossile fut baptisé en 1905, la même année où l'Alberta devenait une province indépendante. Que de symbolisme...

Étourdissant esprit pionnier. Après la visite du musée, nous partons crapahuter sur les bosses, gravissant, avec prudence, endurance et témérité, l’une des plus hautes d’entre elles. Hissés au sommet, nous observons à nos pieds ce paysage lunaire et aride et les reliefs ravinés par les violentes coulées de boue qui surviennent à l’automne. Au milieu de l’anarchie des formes, la rivière Red Deer coule de son flot paisible. Nous avons appris que ces terres sont également appelées « Badland » (‘Mauvaise terres ») car en hiver, lorsque le temps est froid et humide, la terre est glissante et difficile à traverser. Nous pensons aux migrants du farwest qui courraient après leurs rêves en traversant ces plaines hostiles.

Paysage lunaire 1: noter les strates géologiques.

Paysage lunaire 2 perchés du haut de notre colline.

Sous le soleil lourd et aveuglant, nous nous considérons pendant un instant comme des pionniers. Nous l’avons fait ! Nous avons escaladé nos rêves pour les transformer en réalité ! Aller, trêve de lyrisme, il nous faut continuer. On redescend la petite colline en quelques secondes. On remonte en voiture, et hop, direction le fond de la vallée. Le voyage dans le temps se poursuit : pas de pont pour traverser la rivière. Mais un ferry, le Bleriot ferry (du nom du français André Bleriot qui fut le premier aviateur à traverseré la manche). En fait de ferry, plutôt une espèce de bout de route flottante, relié à ses poulies fixées sur des câbles qui courent en hauteur d’une rive à l’autre. Nous appuyons sur une sonnette pour appeler le ferry que l’on peut voir à un peu plus de 100m au loin, sur la rive opposée. Maintenu entre les deux câbles, le ferry garde son cap jusqu’à nous.

Le bout de route flottant.

Après ce voyage dans le temps, rien de mieux qu’un retour à notre époque. Avant de quitter la vallée et pour reprendre des forces pour le trajet du retour, rien de mieux qu’une pause McDo pour un coke et un Sunday à emporter. Mea culpa. On devient Albertain ou on ne le devient pas…

Comment le parti de la rose triompha se prit une grosse claque dans les pétales (en Alberta)

Posted in Alberta, Politique on avril 30th, 2012 by Aïda et Benjamin – 2 Comments

Ouf ! Le suspens insoutenable prend fin… et comme en France, les instituts de sondage se sont pris une belle claque ! Bref, vous l’aurez compris, la main-mise du PC sur l’Alberta se poursuit pour une 41ème année consécutive ! « Alberta’s Tory empire strikes back » [L'empire Tory de l'Alberta contre-attaque] titrait le Calgary Herald au lendemain des élections ! La menace Wildrose a été évincée et dépouillé de ses épines. Quant aux libéraux et au NDP, ils continuent de survivre tant bien que mal, comme ils le font depuis des décennies. Heureusement, notre représentant libéral, David Swann a sauvé son siège. Tout est donc comme hier et pour le mieux dans la petite province pétrolière. Car à en lire l’analyse des journaux, les « Oil Sands [are] the big winner in Alberta election » (Financial Post du 24 avril 2012) [Les schistes bitumineux, grands vainqueurs des élections provinciales en Alberta]. 

La vague PC a tout ébranlé, déjouant ainsi les prédictions de défaite des sondeurs (ici aussi le jeu des sondages et des commentaires de sondages fait recette), emportant 61 sièges sur 87 ! Le Wildrose, voit quant à lui ses velléités de conquête rose se réduire à 17 sièges. La gauche, elle, ne récolte que quelques miettes circonscriptions. Et le scrutin étant uninominal à un tour, pas de session de rattrapage possible.

La carte des élections provinciales de l'Alberta en 2012: du bleu au nord (le PC, 40 de règnes renouvelés) et du vert au Sud (on se rapproche des États-Unis). Le rouge et le orange, cantonnés dans les villes. (source: National Post, 24/04/2012)

Une analyse rapide de la cartographie électorale nous apprend que :

  • Les valeurs et les idées du Wildrose Party sont plus populaires dans les zones rurales albertaines (seul un représentant a été élu dans une ville, Medicine Hat, au Sud de Calgary). Pas étonnant, il s’agit du plus conservateur des partis albertains, espèce d’extrême-droite locale, mais plutôt sage — qui s’est toutefois laissé aller à une ou deux petites sorties racistes durant la compagne pour mieux s’encanailler. D’ailleurs, on peut observer un drôle de gradient Nord-Sud en Alberta : plus on va vers le Sud, vers les États-Unis, plus les conservateurs l’emportent.
  • Les deux partis de gauche sont des partis citadins. Et les mêmes gradients produisant les mêmes effets, la ville du Sud, Calgary, est plus conservatrice que sa rivale du Nord, Edmonton (seule ville à avoir des élus issus de la gauche de la gauche, les quatre membres du NDP).
  • Notre quartier, la circonscription 21, aussi connu sous le nom de « Mountain View » (ceux qui viendront nous voir, sauront pourquoi), est resté libéral. Et notre représentant, David Swann (venu nous démarcher en voisin voici quelques semaines), a été réélu. Toutes les pancartes plantées dans les jardins ne nous ont donc pas trompé. Nous habitons un quartier riche, mais de centre-gauche (un peu bobo en sorte, on quitte donc le Marais parisien pour son équivalent calgarien).

Enfin, si les débats ont été houleux, cette élection a permis aux novices que nous sommes de rapidement cerner la scène politique de la province, son arène et ses fauves :

  • Nous ne reviendrons pas davantage sur les fauves (s’il vous faut un cours de rattrapage vous reprendrez bien un peu de notre dernier billet), si ce n’est pour préciser qu’Alison Redford, la Première ministre reconduite (première femme à ce poste) a entendu nos interrogations et levé le mystère sur l’oxymore « Progressive Conservative » qui désigne son parti. Dans le Calgary Herald du 25 avril elle explique : « A vision of the province that’s socially progressive and fiscally conservative. » ["Une vision de la gestion de la province qui est socialement progressive et fiscalement conservatrice"]. Il faut penser aux pauvres, mais n’oublions surtout pas les riches. Tout semble beaucoup plus clair à présent.
  • L’arène ensuite : en Alberta, la majeure partie des discussions politiques tourne autour de l’énergie. Le secteur du « Oil and Gas » [pétrole et gaz] fait partie intégrante du quotidien : le matin en une du Herald, le midi sur CBC, le soir sur Calgary-tv. Autant dire qu’il est le le Big Winner des élections. Depuis cinq ans, la province est en déficit budgétaire malgré la croissance de la province. En 2007, le premier ministre de l’époque avait eu l’idée de combler ce déficit en proposant une augmentation des royalties liées à l’extraction du pétrole et du gaz (si les ressources fossiles appartiennent  « symboliquement » à la couronne d’Angleterre, leur gestion est confiée à la province et non à l’Etat fédéral). Ce premier ministre, donc, voulant toucher au pain de la nation albertaine fut envoyé dans les roses et sa propositions ne vit jamais le jour. Alison Redford le remplaça. Et depuis cette date, plus aucun parti conservateur, que ce soit le Wildrose ou le PC, ne remit en question le montant des royalties. Même lors des virulentes joutes oratoires sur les valeurs de l’Alberta et la gestion du déficit. D’ailleurs, dès sa nomination, Alison Redford s’empressa de promouvoir la cause des sables bitumineux auprès de Joe Oliver, le ministre fédéral des Ressources Naturelles… Mais nous verrons cela plus tard, car c’est le début d’une autre, et complexe histoire.

Les olives à l’ail

Posted in Les petites recettes de Ben et Aïda on avril 23rd, 2012 by Benjamin – 3 Comments

Trouver du goût à la vie n’est pas chose difficile au Canada. Trouver du goût aux aliments est en revanche un défi quotidien. Trois mois après notre arrivée, ce blog s’enrichit d’une nouvelle section consacrée à nos petits exploits gastronomiques. Premier article : les olives à l’ail, parfaites pour les apéros. Parce qu’ici le temps est estival. Parce qu’il se pourrait aussi qu’il y ait des choses à fêter prochainement outre-Atlantique.

Pour réussir vos olives à l’ail, vous avez besoin de :

  • 300 g d’olives (petites ou grosses, la taille importe peu — mais vertes de préférence)
  • 2 gousses d’ail épluchées et hachées
  • 2 cuillers à café d’origan séché
  • 2 feuilles de laurier
  • 4 cuillers à soupe d’huile d’olive
  • 1 cuiller à soupe de vinaigre de vin rouge
  • un petit peu de piment rouge
Mélangez le tout, laissez mariner pendant 4 heures à température ambiante, dégustez. Les olives se conservent ensuite très bien au frais.
(Merci à Ashraf pour cette bonne découverte)

En Alberta aussi, le changement c’est maintenant !

Posted in Alberta, Politique on avril 20th, 2012 by Aïda et Benjamin – 6 Comments

Après un long silence nous revoilà. C’est que nous étions très occupés ces derniers temps. Notamment par la campagne électorale. A comparer les propositions. A comprendre le positionnement de chacun. Ce n’est pas simple. Surtout que le fond est souvent défiguré par la forme, des piques qui fusent, des répliques qui refusent d’être moins tranchantes… Bref, vous l’avez compris, les élections provinciales qui se tiendront en Alberta ce lundi 23 Avril, sont riches d’enseignements (bien plus que ce qui se passe dans l’étriqué hexagone). Petites découvertes de l’Alberta et des Albertains à travers les couleurs politiques.

Petit précis d’institutions politiques albertaines: l’Alberta compte 3.6 millions d’habitants. Pour comparaison, elle a la même superficie que la France mais compte à peine un tiers des habitants de la région parisienne. Les deux principales villes sont Edmonton (au Nord), capitale politique, et Calgary, au Sud. Le régime politique de la province est parlementaire unicaméral et la Legislative Assembly est composée de 87 membres, qui élisent le gouvernement. La province est divisé en circonscriptions dans lesquelles se présentent des candidats de chaque parti. Pour le décomptage et l’attribution des sièges, l’explication viendra après l’élection (pour ceux que ça intéressent).

Des conservatrices: Smith vs. Redford. Faisons simple et efficace. Il était une fois, dans une province dont le symbole est la rose sauvage, un parti qui gouvernait paisiblement depuis 1971, sans jamais se voir inquiéter: c’était le PC! Et oui, l’Alberta, étant ce que le Texas est au États-Unis, le Parti Communiste régnait en paix… Heu… Attendez… Je m’emmêle les épines… On me dit dans l’oreillette que ce n’est pas logique… Heu, non… ha oui, on me corrige. Donc le PC, qui règne depuis 40 ans en Alberta est en fait le Progressive-Conservative Party (ce qui est assez explicite pour ne pas être traduit — tout en restant sacrément énigmatique, progressisme et conservatisme n’allant que rarement de paire). Ce parti, donc, semblait indétrônable. Mais c’était sans compter ceux qui se voulaient plus texans que les calgariens. En 2007, à la veille des élections provinciales, des voix s’élevèrent sur la gestion de la Province: trop de dépenses, trop de gouvernement. Les dissidents formèrent alors le Wildrose Party (la rose sauvage, et non pas la rose socialiste…), encore plus conservateur, encore plus à droite. Après une sévère déculottée aux élections de 2008, le jeune parti a ourdi ses armes, si bien qu’aujourd’hui, les deux partis sont au coude à coude. Le Wildrose semble même avoir quelques pétales d’avance…

Le plus étonnant pour des partis conservateurs, c’est qu’ils sont dirigés par deux femmes: Alison Redford pour le PC, et Danielle Smith, la concurrente du Wildrose.

Le dévoilement du bus de campagne de Danielle Smith fût l'un des épisodes clés de la campagne qui fit beaucoup rire les Calgariens (notez le positionnement des roues du bus). La peinture a finalement été refaite et Danielle pu partir sillonner les routes sans être la risée des Albertains.

Bleu et orange, les couleurs du PC albertain. Alison Redford tout sourire, alors que la situation est très tendue pour elle. Arrivée au pouvoir par interim en octobre 2011 (suite à la démission du précédent Premier ministre, Ed Stelmach), elle pourrait être responsable de la chute des 40 ans de règne du PC. Roule, roule Alison!

Aux côtés de ces deux géants, de modestes prétendants sont aussi en lice: le parti libéral porté par Raj Sherman, plutôt de gauche (qui semble assez populaire à Sunnyside, le quartier gauchiste ou nous habitons). Il souhaite augmenter les royalties tirés du pétrole et développer le métro aérien de Calgary et d’Edmonton. Il serait troisième dans les sondages, loin derrière les deux conservatrices. Vient ensuite le New Democratic Party (NDP), porté par Brian Mason, le « socialist-democratic party » – c’est d’ailleurs un parti national qui est au pouvoir dans la province du Québec. Imaginez le grand écart politique du Canada…

Le logo du parti libéral de l'Alberta (les deux triangles rouges représentent les Rocheuses).

Le logo du New Democratic Party, orange et vert. Au premier plan, les épis de blés qui dansent sous le vent rappellent que l'Alberta est la troisième province agricole du Canada (après l'Ontario et le Saskatchewan).

Ciel, ma santé ! Mon école ! Mon environnement ! Dans une province riche, qui croule sous le pétrole et le gaz dont l’extraction est loin d’être environnementalement neutre (expression politique correcte, à force d’être au Canada, cela vient naturellement), quels peuvent être les sujets d’intérêts et d’inquiétudes de la population? Un intéressant sondage réalisé fin mars, révèle que les Albertains considèrent que les priorités de la province sont:

  1. L’Assurance Santé (56%): la situation est catastrophique, manque de médecin et coût élevé (heureusement nous ne sommes pas encore tombés malades)
  2. L’accountability du gouvernement (le fait de devoir répondre de ses actes): 15%. Il faut croire que des malversations ont eu lieu. Dernier scandale en date : un comité dont les membres touchent 1000$ par mois et qui ne s’est jamais réuni (qui a dit que c’était fréquent en France ?). Le Canada n’est pas si probe…
  3. L’éducation: 10%. Ça coûte cher, et apparemment, le niveau des élèves et les moyens alloués ne seraient pas très élevés…

L’environnement ne vient qu’en 7ème position (5%). Pas étonnant lorsqu’on considère l’affligeante déclaration de la leader du WildRose Party, Danielle Smith. Lors d’un débat en ligne organisé par deux journaux le 15 avril, elle affirmait au sujet du changement climatique:  « We have always said the science isn’t settled and we need to continue to monitor the debate » ["Nous avons toujours affirmé que la science n'était pas catégorique - sur le changement climatique - et qu'il était nécessaire d'être vigilant concernant ce débat"]. Elle a également refuser de répondre au candidat libéral qui lui demandait: « Danielle, are you seriously denying climate change? » ["Danielle es-tu vraiment en train de réfuter l'existence d'un changement climatique?"]. Pour nombre d’Albertains, le changement climatique n’est pas une affaire de science, mais de croyance, un peu comme l’on croit en Dieu… ou pas.

En période d'élection, les panneaux envahissent les routes, les parcs et même les jardins des Calgariens ! (sauf dans notre résidence, ou notre bail nous interdit formellement toute expression politique, ainsi que mille autres choses).

Les Albertains iront donc mettre leur bulletin dans l’urne le lundi. Les bureaux de votes seront ouverts toute la journée et l’employeur sera obligé d’octroyer 4h à ses employés pour qu’ils s’acquittent de leur tâche civique. Vivrons-nous dans une province conservatrice ou super-conservatrice? La suite, au prochain billet!

Calgary à travers les âges

Posted in Calgary, En photos on mars 29th, 2012 by Benjamin – 4 Comments

Au début du siècle, pressentant les bouleversements à venir de la mondialisation, le riche banquier Albert Kahn envoyait des explorateurs aux quatre coins de la planète prendre des photos et des vidéos pour constituer les Archives de la Planète. Au tournant des années 1990, Olivier Archambeau, se lance dans un tour du monde, sur les traces des opérateurs d’Albert Kahn, à la recherche des mêmes cadrages. Encore un peu plus tard — disons, il y a quelques mois —, je tombe sur deux de leurs photos de Calgary, prises depuis une même colline à 64 années d’écart.

Pour faire court, Albert Kahn était un riche banquier philanthrope et orientalisant qui, après un tour du monde au début du XXe siècle, eu un pressentiment génial : le monde courrait à son uniformisation. Il était donc urgent de fixer pour l’éternité ces hommes, ces cultures, ces paysages avant leur disparition. Pour cela, il fonda les Archives de la planète, et envoya une douzaine d’opérateurs photographier et filmer aux quatre coins du globe les paysages et leurs autochtones. Entre 1909 et 1931, ce sont ainsi quelques 72 000 autochromes (procédé de photographie en couleur inventé par les frères Lumière) et une centaine d’heures de film qui seront rapportés d’une cinquantaine de pays. Calgary n’y a pas échappé, et c’est le photographe et cinéaste Frédéric Gadmer qui s’y est collé.

Albert Kahn envoie des opérateurs professionnels aux quatre coins du monde pour photographier « des aspects, des pratiques et des modes de l'activité humaine, dont la disparition fatale n'est plus qu'une question de temps » (Trois cow-girls, Calgary, Canada, 14 mai 1926 Autochrome de Frédéric Gadmer, inv. A 49066. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine)

Cowboys patibulaires, alors que Calgary n'était encore qu'une petite bourgade endormie dans l'Ouest canadien (le Musée Albert Kahn précise de son côté : Cowboys près de Calgary, 13 mai 1926 ; autochrome de Frédéric Gadmer, inv. A 49044. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine).

Point de Pick-up V6 à l'époque. La Calgarienne se déplaçait alors en appaloosa, qui faisait bien l'affaire (Cowgirl et son appaloosa, près de Calgary, Canada, mai 1926 Autochrome de Frédéric Gadmer, inv. A 49074. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine)

Personne dans les rues. A un tramway près, Calgary n'a pas des masses changé. (La 1ère rue à Calgary, 9 mai 1926 Autochrome de Frédéric Gadmer, inv. A 48975. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine)

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à l’autochrome pris depuis la colline en 1926. Avec le fameux pont de Calgary, celui qui mène à la route d’Edmonton, le lieu de la prise de vue était d’autant plus facile à identifier qu’entre temps Aïda et moi avons emménagé à quelques centaines de mètres (Sunnyside, un quartier de ce côté-ci de la rivière mais à droite du pont).

Calgary en 1926, par Frédéric Gadmer pour les Archives de la planète. Les couleurs ne sont plus ce qu'elles étaient, mais on devine une ombre verte sur la végétation. (© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine)

Quand soixante-quatre ans plus tard, Olivier entreprend son tour du monde dans le cadre de sa thèse en géographie, il n’y va pas avec le dos de la cuiller : un B90 4×4 (vous savez, le camion des pompiers), un ULM (en pièces détachées), son frère et un ami sont réquisitionnés pour être du voyage. Durant 600 jours, à travers les cinq continents, le trio arpente les cultures, survole les paysages des contrées explorées par les archivistes de la planète. Et lorsqu’ils arrivent à Calgary, le ciel est toujours aussi impeccable, mais la ville n’est déjà plus la petite bourgade endormie de l’ouest canadien. La ville a pris de la hauteur et la tour de télévision (1968), emblème de la skyline de la ville, a depuis longtemps été dépassée par les autres buildings du Downtown.

Calgary en 1990 (© Olivier Archambeau)

Vingt-deux petites années après, à peu près même point de vue et même cadrage. A l’heure du numérique, la tour de télévision, noyée dans un Downtown constitué de grattes-ciels, n’est même plus visible. A gauche, la Bow Tower, qui adopte le même nom et la même courbure que la rivière, est le nouvel emblème de la ville.

Calgary en 2012, par un rare temps tristoune (© Ben-et-Aida.com)

La nuit, le centre-ville est un vrai spectacle pour les yeux, désert et tout illuminé qu’il est, à dépenser l’électricité albertaine si bon marché (environ deux fois moins chère qu’en Europe). Mais ça, c’est une autre photo… à venir très bientôt !

Premier bilan en vidéo (guest star: Bernache)

Posted in En vidéo on mars 17th, 2012 by Benjamin – 2 Comments

Nous avons réalisé voici une dizaine de jours une petite vidéo pour le Comité de développement économique de l’Alberta (CDEA), organisme officiel de promotion de la francophonie en Alberta. Rencontré en novembre dernier au Forum Destination-Canada à Paris, le CDEA n’est pas pour rien dans notre choix de venir à Calgary et nous a aidés dans la réalisation de notre projet. Témoignage, sur fond de bernaches canadiennes et de dowtown calgarien.

Le volontariat, une expérience protéiforme…

Posted in Acclimatation, Volunteering on mars 7th, 2012 by Aïda – 1 Comment

On nous l’avait fortement conseillé. Nous l’avons largement appliqué. Le volunteering (le bénévolat), meilleure façon de connaître du monde, de se faire connaître et d’avoir des références… Cette activité est une vraie institution en Alberta. Non seulement c’est vu positivement, mais beaucoup de secteurs ne fonctionnent qu’avec ça (notamment le secteur social, pas mal délaissé par le gouvernement Albertain). Petit tour d’horizons de nos différentes expériences qui nous ont permis de découvrir les casinos calgariens et la tire d’érable québécoise…

Vernissage à l’Alliance Française: so Frenchy!

Un couple franco-calgarien expose ses photos de Paris prises en sténopé à partir d’une vulgaire boîte à chaussure. Notre mission? Accueillir les visiteurs pour le vernissage et leur servir des verres de vin (ou de jus). Peu de monde mais on lie connaissance avec quelques personnes. On profite des photos et on papotte pas mal. Belle petite soirée, où nous n’avons pas eu vraiment l’impression de faire du volunteering. On faisait plutôt partie des visiteurs.

Les jeux sont fait? Rien ne va plus – La mise sur la cité des Rocheuses

Volontariat pour la Cité des Rocheuses, une association à but non lucratif dont les activités sont tournées vers la communauté francophone de Calgary (majoritairement constituée de québécois, appelés également French par les Albertains… ce qui prête parfois à confusion lorsque nous nous présentons, nous devons préciser: « We are French from France… »). Il s’agit de faire une journée de volontariat (11h-19h) en tant que Chip-runner dans un des casinos de Calgary.

Connaissant très mal la terminologie des casinos, nous nous renseignons sur internet. Devrons-nous ramener des chips aux clients? Pas tout à fait. Notre mission consistait à rapporter des jetons aux tables de jeu. On nous avait prévenu: ramener de quoi lire! La journée sera longue. Comme nous devions rencontrer un responsable de l’ISEEE (notre actuel employeur,  mais chut, on réserve cela pour un prochain billet) ainsi qu’un responsable d’Enmax (producteur/distributeur d’électricité de la ville de Calgary) nous avons pris le soin d’imprimer le rapport annuel de la compagnie ainsi que des documents relatifs à l’ISEEE. Arrivés à 11h du matin, on découvre l’ambiance un peu glauque du casino: pas de fenêtre, des lumières tamisées et surtout des machines à sous dont la musique criarde nous poursuivra toute la journée (et même à notre retour à la maison). Nous sommes conduit dans le « volunteer lounge ». Une pièce aveugle avec canapé, télé et frigo rempli de boisson et de barres chocolatés – et un salvateur backgammon, certainement égaré. Un téléphone également. A chaque fois que celui-ci sonne, l’un d’entre nous doit se précipiter à la caisse, voir la banquière (elle aussi volontaire) qui nous remet un certain montant de jetons. Mais attention! Les jetons sont étroitement contrôlés: la banquière les compte, nous les recomptons (à l’aide de petite machine tactile) et à la table de jeu où nous ramenons le butin, deux autres personnes les re-recomptent. Les jetons sont joliment casés dans des contenants qui permettent de faire des piles de 20 jetons. Il y a différents montants: de 1$ à 500$. Lors de certains runs, nous transportons jusque 30 000$, de quoi en tenter plus d’un !

Pas touche aux "chips" sinon... "Gare au goriiiiiii-iiiiiiillleu!"

Mais pas question d’essayer un braquage: un gros gorille nous accompagne à chacun de nos déplacements (avec toujours, en arrière-fond, la musique de manège des machines à sous). Nous n’avons pas bien compris l’intérêt de notre rôle, mais la procédure est la procédure, et apparemment, le règlement des casinos exigent que des personnes extérieures recomptent les jetons entre leur comptage et leur re-recomptage.

Une autre interrogation doit tarauder l’esprit du lecteur de ce billet: que diable faisait donc une association à but non lucratif dans un casino? La règlementation de l’Alberta exige que tous les casinos reversent trois mois de leur bénéfices à des organisations à but non-lucratif. Les associations qui veulent bénéficier de ces fonds doivent être reconnues par l’Alberta et mettre à disposition des volontaires pour tenir certains postes du casino (comme chiprunner, banquier et caissiers) pendant deux jours. Les associations peuvent prétendre à ces fonds tous les 18 mois. A l’issue des trois mois, les fonds sont également partagés entre toutes les associations qui ont participé au volontariat et, au bout de 18 mois, elles doivent justifier du bon usage des fonds perçus.  Une gestion vertueuse d’un secteur qui n’a pas bonne presse. Et si les casinos français s’inspiraient du fonctionnement?

Bilan de la journée: des calories (déjeuner gargantuesque à l’œil et barres chocolatées à gogo), des connaissances, des remerciements et une découverte des coulisses des casinos et du fonctionnement des financements des associations albertaines… mais aussi le vol de la vis de la selle du vélo de Benjamin (pas encore remplacée), ainsi que la musique des machines à sous qui nous a poursuivi encore quelques heures.

 Plongée dans la culture québécoise pour le Festival des sucres: tire d’érable et chocolat chaud

Bienvenue au festival des sucres!

Il était une fois, dans une province nommée Québec, à la fin de l’hiver, des bûcherons qui perçaient des trous dans l’écorce des arbres. Mais attention, il ne s’agissait pas de n’importe quels arbres: il s’agissait d’érables. Leur sève, qui avait gelé pendant l’hiver, se dégelait progressivement et retombait aux racines. Mais grâce aux petits trous percés et à un ingénieux système de robinet, les bûcherons récupéraient la sève, qu’ils faisaient bouillir et re-bouillir. Ils vendaient la plus grande partie sous forme de « sirop d’érable » (Maple Syrup) et en conservaient une partie pour préparer de la tire-d’érable à leurs enfants… Voici, plus ou moins rapportée la légende des contrées québécoises. Cet évènement s’est transformé en fête annuelle, nommée le festival des sucres.

L’ACFA, Association de la Communauté Francophone de l’Alberta, organise chaque année ce festival. Nous ne pouvions donc pas passer à côté de cette attraction. Nous nous sommes portés volontaires toute la journée du samedi (en croisant les doigts que la météo soit clémente…). Nos vœux ont été entendus: il a fait beau et doux, au point d’être en t-shirt l’après-midi en plein soleil! Incroyable!

8h45: Nous enfourchons nos vélos. Arrivée à 9h à l’Olympic Plaza, la place centrale du Downtown (centre ville) à côté du City Hall (mairie), où se trouve une immense patinoire. Les stands sont en train d’être montés. Les animations commenceront à partir de 11h. En attendant, c’est le branle-bas de combat des volontaires. Nous nous retrouvons tous dans la salle des volontaires (rempli de muffins et autres victuailles) pour un briefing rapide de nos tâches. Je fais partie de l’équipe « Accueil et Information »: j’accueille les gens avec un sourire et un guide et je les informe des animations. Je leur donne également des bons pour un tire-d’érable gratuit. Benjamin s’occupe des chocolats chauds: il gâte petits (mais aussi plus grands) en distribuant des tasses de chocolats chauds gratuitement. En attendant 11h, on ne chôme pas: on met en place la signalisation et on aide à aménager les stands.

11h: on distribue programmes, coupons de tire-d’érable et chocolats chauds. On s’amuse beaucoup. On parle aux gens. On ne voit pas le temps passer. 30 minutes de pause repas (typiquement québécois) et c’est reparti. En arrière-fond des groupes jouent de la musique pendant que les familles patinnent-à-glace ou admirent des sculpteurs de glace. Des enfants se font maquiller le visage ou s’amusent sur des toboggans gonflables.

Benjamin avec Caribou, la mascotte du festival!

Comme il y a beaucoup de volontaires présents, nous en profitons pour nous amuser aussi. On prend une pause pour aller faire les « sumos ». Dommage que nous n’ayons pas de photos de cet évènement mémorable. Mais imaginez nous, Benjamin et moi, avec des costumes de sumos: des combinaisons gonflables énormes, de couleur chair et qui imitent le corps des sumos. Sans oublier le petit slips rouge pour l’un et bleu pour l’autre et nos perruques noires en forme de chignon. Avec ces nouveaux corps qui débordent de graisse, impossible de se mouvoir. Si l’on tombe, on ne peut qu’agiter les bras désespérément et attendre que quelqu’un nous relève… Après 4 rounds à se pousser pour se faire sortir du cercle du terrain, nous arrêtons et reprenons notre apparence normale.

Vers 16h, nous décidons de nous lancer. Munis de notre petit coupon, nous nous dirigeons vers le stand de tire d’érable, le cœur battant et les papilles curieuses. Depuis que nous entendons parler de cette friandise, il est temps de faire sa connaissance.

Beaucoup de monde grouille autour du stand. De fins comptoirs en bois se dressent devant les gens. Sur ces comptoirs, de la neige. Et une odeur de caramel/sirop chaud embaume les alentours du stand. Il faut se presser pour faire sa place devant le comptoir. Une fois devant, on identifie la source de l’odeur: un énorme chaudron posé sur le feu dans lequel semble mijoter… mais oui! C’est du sirop d’érable… Miam! Les papilles s’excitent… Nous échangeons notre coupon contre un bâtonnet de bois. Peu de temps après, une personne arrive avec à la main, une théière remplie de sirop d’érable fumant. Il verse une bande de sirop sur la  neige du comptoir. Nous devons compter 30 secondes avant de pouvoir poser notre bâtonnet à l’extrémité de la bande de sirop qui a eu le temps de se durcir sous le froid de la glace. Nous enroulons la bande de sirop d’érable autour de notre bâton: voici notre tire-d’érable. Ce n’est rien de plus qu’une sucette de sirop d’érable encore un peu chaud. Nos dents sont littéralement collés par le sucre. On ne peut plus parler, on en a plein la bouche et ça dégouline sur nos doigts. C’est bon, c’est chaud, mais c’est un peu écœurant. Nous aurions pu en avoir un 2ème, mais nous nous arrêtons là.

Tire d’érable: Etape 1. On enroule!
Tire d’érable: Etape 2. On déguste (en essayant de ne pas s’en mettre partout!)

Vers 17h30, le festival prend fin et nous commençons à ranger et à démonter les stands. Une belle journée, enrichissante, aux contacts des gens, avec encore de nouvelles connaissances. Pour sûr la meilleure des journées de bénévolat!

 

Cowgary en photos (avec des images du +15 dedans)

Posted in Calgary, En photos on mars 1st, 2012 by Benjamin – 2 Comments

Cela fait quelques semaines que nous n’avons pas posté, mais c’est qu’il s’en passe des choses de ce côté-ci de l’Atlantique, à ‘Cowgary’ (surnom donné à la ville en référence à son passé de repaire de vaches et de cowboys perdu dans l’Ouest).

Depuis une dizaine de jours, nous avons notre petit ‘chez-nous’, un grand trois-pièces dans le joli quartier — pour être franc, c’est un peu rare par ici — de SunnySide, lové entre la rivière Bow et la colline qui surplombe la ville. Pour accéder au centre-ville, 10 minutes de coups de pédales à travers l’île Prince Park suffisent. Entre la skyline urbaine, le Bow et l’île entièrement piétonnisée et patinoirisée, un magnifique spectacle de jour comme de nuit.

Concernant le travail, il se pourrait que cela vienne assez rapidement. Alors en attendant, nous partageons avec vous quelques photos prises ça et là lors de nos pérégrinations calgariennes.

Le Downtown (centre-ville) est accessible en passant par l'île Prince Park, traversée par une piste cyclable, où se pressent à toute heure du jour cyclistes, joggeurs et honnêtes travailleurs.

La rivière paraît bouillonner, lorsqu'au petit matin, le soleil vient caresser le Bow et les morceaux de banquise qu'il charrie.

A Calgary, les urbanistes n'ont pas oublié les demoiselles hautes-montées et leurs indiquent où poser leurs talons aiguilles sur les grilles d'aération.

Panneau salvateur en hiver. Cela signifie que vous pouvez accéder au '+15', réseau de passerelles aériennes du centre-ville, et ainsi faire un énorme détour pour accéder à votre point de rendez-vous. Mais le tout au chaud.

Une vue du +15 de l'extérieur.

 

Une autre vue du +15, depuis une passerelle, d'où on aperçoit d'autres passerelles liant les blocs d'immeubles.

Dans les lieux publics, l'hygiène est omniprésente.

Sur la patinoire de l'Olympic Plaza, au centre-ville, sont parfois organisés des compétitions de 'Human-Bonspiel'. Un peu comme le Curling (le truc avec le balai), mais sans balai et le palet est remplacé par un humain.

 

L'une des joies d'habiter Calgary, c'est la montagne à une petite heure de route. Tous les deux ici à Sunshine, pour l'anniversaire d'Aïda.

 

La chasse au trésor des offres d’emplois enfouies

Posted in Acclimatation, Travail on février 14th, 2012 by Aïda – 4 Comments

C’est bien connu, être chercheur d’emploi, c’est un job à plein temps. Depuis notre arrivée, il y a un mois, nous n’avons pas chômé.

Première étape : Connexion Carrière, un organisme d’accueil des migrants francophones financé par le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta. Un panel de services gratuits qui permet de décoder le marché du travail canadien et d’utiliser les bonnes clés pour y pénétrer. Nous avons pu ainsi profiter de conseils personnalisés pour nos CV (en fait, pas grand chose à changer, grâce à l’aide précieuse de notre correcteur en chef en France, Floody) et d’un atelier de trois jours sur les techniques d’entretiens d’embauche. Les quelques enseignements à en tirer:

On ne s’imagine pas le nombre de bactéries échangés lors d’une poignée de main !

1) Travailler son assurance: on sait tout, connait tout, et surtout on peut tout. Pas de fausse modestie: si on France on fait profil bas, ici on se surgonfle !

2) Travailler sa poignée de main (voir article précédent de Benjamin) — sauf si la personne est bactérophobe (très « trendy » depuis le passage de H1N1, d’ailleurs on trouve des distributeur d’alcool désinfectant partout, je dis bien partout : dans la file d’attente des banques, les bureaux, les toilettes…)

3) Travailler ses références et ses recommandations : si en France le diplôme fait (presque) tout, au Canada, se sont les personnes qui ont travaillé avec vous qui façonnent l’avancée (ou non) de votre carrière. Bien choisir ses références, c’est encore plus important que choisir sa cravate ou sa paire de boucle-d’oreilles (mais tout autant que de travailler sa poignée de main).

4) Savoir dire « non! » aux « illegal questions« : pas de questions sur l’âge, l’appartenance communautaire et religieuse, pas de questions sur la famille ou la santé. On reste sur le registre pro-fe-ssio-nnel !

5) Travailler son audace et son réseau ! C’est la partie la plus éreintante: il faut faire feu de tout bois, être vigilant pour ne pas rater une belle opportunité.

Deuxième étape : réseauter, et encore réseauter. Depuis notre arrivée, nous découpons notre temps entre 1) recherche d’offres d’emploi et réponse à ses offres 2) réseautage sur LinkedIn et 3) déplacement sur le terrain. Pour le numéro 1, nous y consacrons peu de temps. D’après la pyramide du marché de travail à Calgary, les offres d’emplois visibles ne représentent que 20% de la partie immergée de l’iceberg. Il nous faut donc plonger en travaillant les techniques 2 et 3 pour aller à la rencontre des 80% restant.

Le marché du travail est comme un iceberg sur lequel vient s’échouer votre CV.

Autant dire que LinkedIn, est LE réseau sur lequel il faut être pour avoir le meilleur potentiel de réseautage. Depuis notre arrivée, nous avons plus que doublé le nombre de nos contacts. Être sans LinkedIn en cherchant un emploi, c’est ne pas avoir de tailleur pour l’entretien d’embauche. Entre l’identification des personnes qui travaillent dans les domaines qui nous intéressent, l’inscription à des groupes et les commentaires à poster pour y faire valoir notre expertise, être derrière l’écran d’ordinateur devient vraiment une performance physique (mes yeux ont doublé de volume et mes doigts n’ont rien à envier à ceux d’un haltérophyle).

Il faut avoir la force de porter ses projets à bout de bras.

Pour revenir au monde réel, nous sommes également présent sur le terrain. On contacte des personnes par mail pour solliciter des « informal interviews », c’est-à-dire un entretien pour obtenir des éléments d’éclairage sur le fonctionnement des choses ici. Et là, je dois vraiment dire que les canadiens sont serviables et disponibles. Sur tous les mails que nous envoyons, le taux de retour est de 90%! Choc culturel par rapport à la France. Nous avons pu ainsi rencontrer des responsables du Calgary Economic Development qui nous ont invité à deux évènements liés aux enjeux énergétiques. Ces deux évènements nous ont permis de mieux comprendre la politique de l’Alberta en matière de soutenabilité et d’efficacité énergétique (l’objet d’un autre billet) et surtout de rencontrer d’autres personnes qui à leur tour, nous ont introduits auprès d’autres personnes. C’est ce qu’on appelle le « networking« , littéralement (« le travail du filet, du réseau »).

Évidemment, on n’assiste pas à ces évènements sans un minimum de préparation. Ainsi, il faut définir sa stratégie d’approche (en crabe, et jamais frontal: faire valoir ses connaissances et son expertise sans mettre le « I want a job »  – « Je veux un travail » – en avant ; éviter la comparaison récurrente « in France/in Europe » et comprendre que le marché avec le minimum d’état et la croissance économique sont le credo des Calgariens), se préparer à faire le perroquet (pouvoir se présenter brièvement et toujours en souriant à des dizaines de personnes), et surtout, surtout, ne pas oublier ses « business cards » qui font toute la crédibilité d’une personne. Les nôtres sont nées d’un long et difficile brainstorming.

Depuis une dizaine de jours, ma carte se ballade déjà dans une cinquantaine de poches calgariennes — merci à Benjamin, pour le professionnalisme avec lequel il a réalisé nos cartes !

A côté des « formal interviews« , nous allons également ajouter une dernière corde à notre stratégie : le « Volunteering », c’est-à-dire travailler de façon bénévole dans une association ou un organisme. Le but est double: élargir le potentiel de réseautage (plus on rencontre de personnes, plus s’élargit la possibilité d’avoir les « bons plans ») et avoir une référence canadienne (voir le 3 de la partie précédente).